Enfants du Cap-Vert

Enfants du Cap-Vert

Concrétiser les Droits de l’Enfant au Cap-Vert

Malgré les difficultés économiques et de développement du Cap-Vert, le pays semble être sur la bonne voie en matière de respect des droits de l’enfant, notamment grâce à ses efforts entrepris en vue de réduire la pauvreté.

   cap-vert

orangeIndice de Concrétisation des Droits de l’Enfant: 7,89
Niveau orange :
Problèmes sensibles

Population: 522 mille
Pop. de 0 à 14 ans: 32,6 %

Espérance de vie : 75,1 ans
Mortalité des moins de 5 ans : 21 ‰

Principaux problèmes rencontrés par les enfants au Cap-Vert:

Pauvreté

La pauvreté reste le principal problème auquel sont confrontés les enfants. Ce phénomène est accentué par les disparités croissantes entre les régions riches et pauvres, les enfants citadins et ruraux, les garçons et les filles, ainsi qu’entre les 10 îles composant l’archipel.

L’assistance financière de l’Etat aux familles pour leurs enfants, et plus particulièrement celles monoparentales, est insuffisante.

Le manque de ressources, les mauvaise conditions de logement, la défaillance du système de sécurité et de protection sociales, ou encore les difficultés à faire respecter les obligations alimentaires des parents n’ayant plus la garde des enfants, restent problématiques.

Éducation

La durée minimum de scolarisation obligatoire est insuffisante et beaucoup d’enfants arrêtent prématurément afin de pouvoir travailler, ce malgré un âge légal d’admission à l’emploi plus tardif.

De nombreuses jeunes filles sont pénalisées par la pratique de “suspension temporaire des élèves enceintes” et ne reprennent pas leurs études après l’accouchement.

Par ailleurs, l’enseignement est généralement de mauvaise qualité, le matériel disponible insuffisant et les enseignants encore trop peu nombreux et parfois mal formés.

Enfin, l’accès limité aux crèches et aux écoles avant le primaire, surtout pour les enfants défavorisés, est déplorable.

Non discrimination

La Constitution cap-verdienne n’ interdit pas la discrimination, notamment sur la base d’un handicap ou sur le genre. Dès lors, la discrimination à l’égard des femmes, qui  reste une pratique répandue, peut également avoir une incidence sur leurs enfants.

Maltraitances

Les châtiments corporels sont encore largement répandus à la maison comme à l’école. Les forces de police ont également recours à des violences contre des groupes vulnérables, comme les enfants des rues.

La population ne paraît pas assez  sensibilisée aux méthodes de discipline respectueuses de la dignité de l’enfant et conformes à la Convention.

Des cas de violences sexuelles et d’incestes ont également été relevés. Malheureusement, les enquêtes concernant ce genre de pratiques restent très rares, notamment en raison de tabous culturels empêchant de porter plainte.

Santé

Malgré les progrès réalisés, les décès d’enfants en bas âge sont encore trop nombreux. Ils sont souvent la conséquence de maladies diarrhéiques, d’affections respiratoires et d’autres problèmes de santé tels que la malnutrition.

En outre, le système de sécurité sociale n’est pas très performant et les installations sanitaires, les conditions de logement et d’accès à l’eau potable restent médiocres pour presque 20% de la population.

Les enfants vivant en zone rurale sont particulièrement touchés, surtout sur les îles reculées.

Par ailleurs, les services de santé sexuelle et de planification familiale sont limités, tout comme les soins pré et postnatals. L’éducation sexuelle reste également insuffisante notamment en matière de prévention des grossesses précoces, des avortements non médicalisés dont la pratique est courante, et de la lutte contre les maladies sexuellement transmissibles tel le VIH/SIDA.

La toxicomanie est également un phénomène de plus en plus fréquent au Cap-Vert, en particulier dans les centres de Praia, Mindelo et Sal.

Les adolescents y sont particulièrement sujets, tout comme à l’alcoolisme ainsi qu’au tabagisme.

Enfin, les enfants et les jeunes en détresse psychologique sont rarement pris en charge en raison d’un accès aux soins de santé mentale et d’écoute très limité.

Enfants handicapés

Les enfants handicapés se trouvent dans une situation encore plus difficile que les autres enfants cap-verdiens.

Bien que des programmes spécifiques aient été mis en place pour promouvoir la réadaptation de ces enfants, il n’existe pas dans l’archipel d’institutions spécialisées pour les accueillir. Ils n’ont malheureusement pas pour autant accès au système éducatif normal.

Exploitation sexuelle et traite des enfants

Le Cap-Vert reste un pays de transit pour la traite des filles qui ont souvent recours à la prostitution comme une stratégie de survie. Cependant, l’exploitation sexuelle touche également les jeunes garçons, comme c’est notamment le cas sur l’île de Sal.

D’autre part, le peu de campagnes d’information et de prévention ainsi que l’absence de services de réadaptation et de réinsertion des enfants impliqués dans ces réseaux sont très inquiétants.

Enfants des rues et travail des mineurs

Des enfants vivent dans la rue en raison de leur niveau de pauvreté. Ils sont particulièrement nombreux dans les principaux centres urbains. Ils travaillent souvent en tant que laveurs de voitures ou vendeurs. Vulnérables et généralement sans protection, ces enfants risquent d’être maltraités et peuvent être contraints à voler pour le compte d’adultes.

Afin de les aider, des programmes de réunification familiale, une assistance éducative et des systèmes de réadaptation ont été mis en place mais restent cependant insuffisants.

Intérêt de l’enfant

Les programmes à destination des enfants ne prennent pas assez en compte ni la Convention des Droits de l’Enfant ni ses principes, dont l’intérêt supérieur de l’enfant.

Les formations des professionnels travaillant au contact d’enfants et la sensibilisation à leurs droits restent encore insuffisantes.

Justice pour mineurs

La Convention Internationale des Droits de l’Enfant n’est pas directement appliquée par les tribunaux ni par les institutions administratives.

Par ailleurs, l’absence d’organisme spécifique pouvant recevoir les plaintes des enfants et donner suite aux violations de manière cohérente est navrant.

Détention des mineurs

La détention est encore souvent utilisée comme solution pour des enfants de plus de 16 ans, qui sont, de plus, incarcérés dans des quartiers pour adultes.

Les enfants ne reçoivent pas beaucoup de renseignements, et la durée de détention n’est pas assez limitée pour les mineurs.

S’ajoutent à cela un surpeuplement carcéral et l’absence d’installations spéciales adaptées aux âges et besoins de ces mineurs.

Environnement

L’accès aux services est rendu complexe de par géographie en îles du pays.

Le pays n’est pas assez pourvu de ressources naturelles et les réserves en eau potable sont limitées, notamment du fait des périodes de sécheresse répétées et du processus de désertification.

Enregistrement des naissances et droit à une identité

Malgré des progrès, beaucoup d’enfants ne sont encore pas enregistrés à la naissance. Cela s’explique par la complexité du processus surtout dans les zones isolées et moins peuplées, et du manque d’information des parents sur la nécessité de l’enregistrement.