Enfants de Libye

Enfants de Libye

Concrétiser les droits de l’enfant en Libye

 

Depuis la fin de la dictature de Mouammar Kadhafi, la Libye est en proie à de nombreuses instabilités.  Ayant régné pendant plus de 41 ans au pouvoir, le Colonnel Kadhafi fut l’initiateur d’avancées majeures pour le pays en matière d’éducation ou de santé notamment. Mais ses violations répétées des droits de l’homme et des libertés les plus fondamentales auront données raison au peuple en s’engageant dans la révolution.

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Indice de Concrétisation des Droits de l’Enfant: 6,97  / 10
Niveau rouge : Situation difficile

Population : 6,7 millions
Pop. de 0 à 14 ans : 32,8%

Espérance de vie : 75,3 ans
Mortalité des moins de 5 ans : 11%

Principaux problèmes rencontrés par les enfants en Libye:

Pauvreté

La Libye est l’un des pays les plus riches d’Afrique. C’est grâce à ses ressources premières et notamment au pétrole que l’économie du pays se porte bien. Pourtant, tous les libyens n’ont pas accès aux richesses et de nombreuses inégalités subsistent. Aujourd’hui, environ un tiers des libyens vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Éducation

Avant l’indépendance de la Libye en 1951, la population libyenne était en majorité analphabète. Par la suite, l’enseignement primaire est devenu obligatoire et gratuit. Ainsi, dans les années 90, plus de 80% des jeunes âgés entre 12 et 17 ans scolarisés étaient scolarisés.

En outre, les jeunes étudiants peuvent entreprendre des études à l’étranger au frais du gouvernement libyen. Ils reçoivent l’équivalent d’environ 1600 euros de bourse par mois.

Suite à la révolution populaire contre le régime libyen, plus de 61 165 élèves et quelque 36 000 étudiants n’ont pas pu terminé leur année scolaire. Les bombardements ont détruit plus d’une quinzaine d’écoles et d’autres ont dû être fermées.

Santé

Les libyens ont un accès aux soins gratuit. Les hôpitaux sont les plus équipés au monde. Mais dans les années 90, l’Organisation des Nations Unies a émis des sanctions à l’encontre du gouvernement libyen accusé d’avoir perpétré des attentats contre des avions de la compagnie française UTA et de compagnie américaine la Pan Am.

Ces sanctions ont eu des conséquences néfastes sur l’accès à l’alimentation, aux médicaments et aux vaccins.

En 2011, la révolution libyenne a eu des répercussions sur la santé des enfants. Le pays a manqué de médicaments pour soigner les nourrissons et les femmes enceintes. De nombreux enfants ont subi des traumatismes psychologiques en assistant à des scènes insoutenables comme la perte de leurs proches. De nombreux enfants ont aussi été séparés de leurs parents pour se réfugier aux frontières du pays.

Justice des mineurs

De nombreuses jeunes filles sont détenues dans des centres de réadaptation sociale car elles sont soupçonnées d’avoir transgressé les valeurs morales de la société libyenne. Il peut s’agir par exemple, d’avoir eu des rapports sexuels avant le mariage, ce qui est formellement interdit par la loi. Ces fillettes sont détenues pour une durée indéfinie et sans révision judiciaire.

Pire encore, des jeunes filles se trouvent dans ces établissements au seul motif qu’elles ont été violées. Ainsi, la victime d’un viol n’a pas intérêt à saisir la justice puisqu’elle pourrait être elle-même poursuivie et détenue dans ces centres de réadaptation sociale.

Enfants de minorités

La Libye abrite de nombreuses minorités parmi lesquelles on trouve les Berbères (Amazighs) et les Toubous. Dans les années 1970, des milliers de touaregs (peuple nomade du Sahara) ont migré vers la Libye en raison de la sécheresse catastrophique qui frappait la région.

Ces peuples autochtones sont souvent victimes de discrimination par les autorités libyennes. Les langues amazighes et berbère ne sont pas prises en considération et il est interdit de les employer dans des lieux publics. Tout le système éducatif repose sur l’arabe et les enfants de minorités sont dans l’obligation d’apprendre cette langue. On peut cependant observer qu’en pratique, la langue berbère est encore utilisée comme langue première dans de nombreuses villes.

Les Toubous sont aussi largement discriminés. En décembre 2007, le gouvernement libyen a retiré la nationalité libyenne aux Toubous, estimant qu’ils étaient tchadiens et non libyens. Le gouvernement a d’ailleurs établi de nombreuses lois interdisant aux Toubous l’accès au système éducatif et aux soins.

Aujourd’hui, avec la fin de la dictature de Kadhafi, ces peuples autochtones espèrent une reconnaissance de leur culture et de leur langue et veulent prétendre aux mêmes droits que les libyens.

Enfants victimes de conflits armés

La révolution libyenne de 2011 a eu des répercussions néfastes sur le bien-être des enfants libyens. Ils ont été blessés ou tués au cours d’affrontements et ont été victimes des bombardements de puissances étrangères.

De nombreuses armes circulaient dans les villes et furent ramassées par les enfants pour s’en servir comme trophées ou pour les revendre.

La manipulation des armes est pourtant dangereuse. Ainsi, on a recensé dans le pays de nombreuses explosions accidentelles de grenades déclenchées par des enfants.

Trafic d’enfants

La Libye est un pays de transit pour la traite des personnes vers l’Europe. De nombreuses femmes et fillettes en provenance d’Afrique subsaharienne passent par la Libye pour regagner ensuite les pays européens. Elles sont, dans la plupart des cas, victimes d’exploitation sexuelle à des fins commerciales ou employées comme domestiques par des occidentaux.

Le gouvernement libyen n’a pas encore pris de mesures visibles pour limiter ce trafic.