Enfants de Russie

Enfants de Russie

Concrétiser les Droits de l’Enfant en Russie

Le bilan de la situation des enfants en Russie est mitigé : certains de leurs droits sont clairement acquis ; pour d’autres, beaucoup d’efforts restent encore à fournir : liberté d’expression, droit à la protection, droit à la non discrimination…

Carte-droits-de-l'enfant-dans-le-monde-2014-MINI (2)

redIndice de Concrétisation des Droits de l’Enfant :  7.84 / 10

Niveau orange: Problèmes sensibles

Population: 146,4 millions
Pop. de 0-14 ans : 15,2 %

Espérance de vie : 68 ans
Mortalité des – de 5 ans : 8 ‰

 

f

Principaux problèmes rencontrés par les enfants en Russie :

SIDA

Le virus du Sida est particulièrement répandu en Russie. Sa détection est parfois très tardive car elle peut s’avérer difficile pour les enfants des rues ou déplacés, pourtant plus vulnérables à la contamination. De plus, en matière de prévention, les femmes enceintes séropositives manquent d’informations concernant les risques, et surtout les aides et services mis à leur disposition pour le bien-être de leurs enfants.

Enfants handicapés

Ces enfants ne sont pas en situation d’égalité avec les autres. La Russie doit encore progresser dans ce domaine et proposer plus d’adaptation, aussi bien de structures que de personnels, pour les enfants handicapés. La mentalité russe doit également évoluer et parvenir à considérer ces enfants comme partie intégrante de la société et non plus comme exclus de celle-ci.

Par exemple, l’enseignement leur est difficile d’accès et de moindre qualité, comparé à celui de la majorité des enfants russes. Certes, es efforts récents ont été faits par la Russie afin d’intégrer plus concrètement ces enfants présentant différents dans les écoles, et certaines structures spécialisées ont été mises en place. Malgré tout, les avancées dans ce domaine doivent encore perdurer pour que la situation de ces enfants soit comparable à celle qui leur est réservée dans la plupart des autres pays européens.

Enfants maltraités

Selon des enquêtes récentes, la violence au sein du foyer familial est assez courante. Les femmes et les filles sont les premières victimes de ces violences. La Russie doit fournir des efforts pour venir en aide à ces victimes. En effet, il existe à ce jour très peu de structures d’accueil et de soutien pour ces femmes et enfants battus.

Droit à la protection

Tout enfant doit être protégé, aussi bien dans le cadre familial que dans le cadre étatique. En Russie, il existe encore beaucoup d’enfants sans protection. Ainsi, les orphelinats et pensionnats sont pleins (plus de 150 000 enfants y étaient recensés en 2009), car il n’existe que trop peu d’institutions de prise en charge ou d’adoption des enfants. Peu d’alternatives s’offrent à ces enfants délaissés ou sans famille, qui deviennent parfois des enfants de la rue, confrontés à la pauvreté, la maladie et la violence. Par conséquent, certains enfants ne peuvent pas grandir dans un cadre familial stable et équilibré, conformément aux principes énoncés dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Quelques-uns deviennent alors des enfants des rues, confrontés à la pauvreté, la maladie et la violence.

Droit à la non discrimination

L’homosexualité est encore très loin d’être entrée dans les mœurs de la Russie. Les homosexuels, y compris les adolescents, sont constamment victimes d’actes d’homophobie. Ils sont parfois agressés, violentés et harcelés aussi bien par des personnes civiles, que par les autorités publiques. En effet, la police russe interdit parfois brutalement toute manifestation de personnes revendiquant leur droit à l’homosexualité. Les adolescents homosexuels n’ont pas le droit de vivre librement leur orientation sexuelle et la haine que leur porte le reste de la population est très alarmante.

Enfants réfugiés

Suite à un violent conflit qui a éclaté en Tchétchénie en 1992, des familles ont été contraintes de quitter leur logement et de se réfugier ailleurs en Russie et notamment en Ingouchie, où le nombre de réfugiés s’est élevé à plus de 60 000. Aujourd’hui, ces familles sont expulsées de leur habitation et se retrouvent à la rue.

Les enfants ne sont pas épargnés et leurs droits deviennent totalement obsolètes. Ils se retrouvent face à des conditions de vie complètement déplorables et aucune solution ne leur est proposée par le gouvernement. Sans logement, accès aux soins ou à l’éducation, ces enfants sont en partie ignorés par la Russie.

Les familles n’ayant pas fait l’objet d’expulsion ne disposent pas non plus de conditions de vie très attrayantes. Elles vivent parfois dans des logements temporaires, clairement inadaptés aux enfants qui grandissent alors dans un cadre de vie bien loin de celui décrit dans la Convention des droits de l’enfant.

Liberté d’expression

La corruption est un état de fait en Russie. Les ONG sont, par exemple, soumises à des procédures législatives très lourdes concernant leur établissement et les rapports qu’elles doivent fournir au gouvernement. Ainsi, elles ne sont pas totalement libres et doivent respecter un certain « politiquement correct » pour ne pas se retrouver dans le collimateur des autorités. La situation réelle des enfants ne peut donc pas toujours être décrite telle qu’elle est, et étant ainsi partiellement occultée, l’amélioration de la vie de ces derniers s’avère plus difficile.

Bien que la législation russe garantisse la liberté d’expression est garantie, dans la pratique, cette liberté reste restreinte : les médias sont très contrôlés, les opposants ou défendeurs des droits humains très souvent menacés dans certaines régions, et le gouvernement est connu pour sa politique de censure relativement stricte. Ces restrictions empêchent les enfants russes d’exercer leur droit à l’information et de s’exprimer librement, en violation de l’art. 13 de la Convention des Droits de l’enfant.

Environnement

Avec un taux élevé de 10,9 tonnes d’émission de CO2 par habitant/an, l’empreinte écologique négative en Russie a également un impact néfaste sur la vie des enfants russes et sur leurs perspectives d’avenir, violant ainsi leur droit de vivre et de grandir dans un environnement sain.