Droits des enfants et protection internationale

 

La protection de l’enfant existe depuis longtemps, bien avant même la Convention de l’Enfant de 1989. Les Etats ont commencé à mettre en place cette protection via tous les traités internationaux (déclarations, conventions, etc..), soit par un texte concernant directement les enfants, soit de manière indirecte par une protection de la famille et de la mère.

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En 1923, la Société des Nations commence à préparer une déclaration sur les droits de l’enfant. Les Etats membres ratifient en 1924 cette première déclaration, qui ne contient que cinq articles. Cette déclaration est restreinte, mais elle met en évidence les droits les plus importants pour l’enfant. Article 1: droit à un développement normal d’un point de vue matériel et spirituel. Article 2: droit à l’alimentation, à l’accès aux soins, à une aide apportée aux orphelins et aux handicapés. Article 3: accès prioritaire de l’enfant aux secours en cas de détresse. Article  4: protection de l’enfant contre toute exploitation. Article 5: accès à l’éducation dans le respect et l’accueil de son prochain.

En 1959, les Nations Unies créent la deuxième déclaration des droits de l’enfant qui met en avant dix principes importants, tels que: la jouissance de tous les droits indiqués dans la déclaration sans discrimination; une protection spéciale par la loi afin que les enfants se développent sainement et normalement sur le plan physique, intellectuel, moral, spirituel et social, dans des conditions de liberté et de dignité; le droit de grandir sous la protection et la responsabilité de ses parents; la protection de la santé et le droit à l’alimentation ; la protection des enfants handicapés; la notion des intérêts supérieurs de l’enfant et le droit à l’éducation; la possibilité de recevoir les premiers secours en cas de détresse; la protection contre toutes formes de négligence, de cruauté et d’exploitation; le droit d’avoir un nom et une nationalité à la naissance; la non-discrimination de race, couleur, sexe, religion, opinion politique ou non-politique, etc.

Mais malgré l’importance de ces deux déclarations, et la mention qu’elles font des droits majeurs pour l’enfant, leur valeur juridique reste limitée car leurs destinataires ne sont pas obligés de s’y soumettre et ne commettent aucune infraction en ne les respectant pas.

Enfin, les Etats membres des Nations Unies décident de créer une convention pour l’enfant qui soit respectée et obligatoire pour les Etats signataires. En 1989  les Etats annoncent la création de la  Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant, qui est ratifiée par 193 Etats. Elle est considérée comme l’une des conventions les plus ratifiées au monde et contient des droits civils et politiques, ainsi que des droits culturels, sociaux et économiques.

Cette convention contient 54 articles qui expliquent et indiquent  précisément tous les droits de l’enfant, dont le droit à la vie, l’alimentation, la protection, l’éducation, la protection de l’enfant handicapé, etc… La deuxième partie de la convention contient le mécanisme de contrôle et la mise en œuvre de la convention par le Comité des Droits de l’Enfant. Le Comité est composé de 18 experts indépendants qui surveillent l’application de la Convention par les États signataires. Ils surveillent également la mise en œuvre de deux protocoles facultatifs de la Convention.

En mai 2000, l’Assemblée générale des Nations Unies, adopte et ouvre à la signature deux protocoles pour la Convention Internationale relative aux Droits de l’Enfant qui concernent la vente, la prostitution et la pornographie impliquant des enfants, ainsi que la participation d’enfants à des conflits armés. Ces protocoles sont entrés en vigueur le 18 Janvier 2002.

Le 19 décembre 2011, l’Assemblée générale des Nations Unies adopte le 3ème Protocole facultatif de cette Convention, établissant ainsi une procédure de plainte individuelle en cas de violations des droits de l’enfant. Ce protocole facultatif a été accepté à l’unanimité par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies le 17 juin 2011. Ce Protocole entre en vigueur trois mois après la dixième ratification.

L’Etat est le premier responsable de la protection des droits des enfants, mais ce n’est pas le seul, car il y a d’autres organisations nationales et internationales. Toute personne doit participer à cette protection quand il y a violation de ces droits. Un exemple, l’organisation Humanium reçoit souvent des mails de personnes civiles, qui nous contactent pour nous montrer une vidéo inacceptable sur Facebook ou Youtube, qui montre une violation des droits de l’enfant. Chaque personne donc, dont vous-même, est responsable de la protection des enfants autour d’elle.

Si nous n’avons pu éliminer la discrimination, mettre un terme à la guerre, à la faim dans le monde, et à toute autre violation des droits de l’enfant ou de l’homme, il faut faire tout notre possible pour protéger nos enfants, car ils sont  notre futur et nous souhaitons qu’ils puissent mener à bien tout ce que nous n’avons pas pu achever: diffuser l’esprit d’amour et de paix dans le monde.

Ecrit par : Osama Rihan
Relu par : Clotilde Bellamy
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Les « petites bonnes » du Maroc refusent de se taire

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Les « petites bonnes » du Maroc refusent désormais de se taire. Recrutées par des « Samsars » (recruteurs) dans leurs villages, principalement en milieu rural, elles sont envoyées en ville comme domestiques dans des familles souvent de classe moyenne, avec la promesse d’une éducation et d’un revenu. Cependant, chaque année, des « petites bonnes » décèdent des suites de mauvais traitements infligés par leurs employeurs. La plupart sont privées d’éducation. Parfois battues et malnutries, leur salaire, d’en moyenne 55 euros, environ 5 fois inférieur au revenu minimum est versé uniquement aux parents. Ainsi, elles refusent de se taire.

Il faut dire que les filles et les garçons « enfants domestiques » sont nombreux dans le Royaume : environ 30 000 sur les 123 000 enfants âgés de 5 à 14 ans qui travaillent. Même si ce dernier chiffre est en nette régression par rapport à 1999, où il était de 517 000, la gravité de la situation reste d’autant plus extrême que ces décès et abus pourraient être évités.
Les parents ignorent souvent la situation de leur enfant au sein de ces familles et ne savent pas en quoi consiste leur quotidien. Aussi, ils méconnaissent souvent leurs droits. Avec l’accumulation des drames, les médias relayent les histoires de Fatima, Khadija, ou Zineb, victimes de sévices. Grâce à l’information, des organisations se dressent contre ces abus et travaillent d’arrache-pied pour mobiliser l’opinion publique et sensibiliser les parents, afin qu’ils n’acceptent pas cette situation pour leurs enfants.

Le Maroc a ratifié la convention des Droits de l’Enfant et a même voté en 2011 une loi protégeant les enfants de moins de 15 ans contre le travail domestique. Cependant, derrière ces lois, un débat sur la clémence de la justice face aux responsables des décès des « petites bonnes » mérite amplement d’être soulevé.

Pour les enfants travailleurs domestiques, diffusons l’information, parlons-en, sensibilisons notre entourage. Elles refusent de se taire, écoutons-les.

Pour plus d’informations :
http://www.tdh.ch/fr/news/maroc–petites-bonnes-mais-grandes-victimes
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/11/16/au-maroc-l-exploitation-des-petites-bonnes-continue_1791822_3212.html
http://www.rtbf.be/
http://www.slateafrique.com/400616/societe-marocains-exploitation-enfants-petites-bonnes-prtotection
http://www.yabiladi.com/articles/details/16266/maroc-petite-bonne-assassinee-employeurs.html
http://www.yabiladi.com/articles/details/16266/maroc-petite-bonne-assassinee-employeurs.html

Ecrit par : Manon Moreno
Relu par : Marie Odile Coly
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Pour s’améliorer et sauver le monde : jouez !

Flick epSos.de

Flick epSos.de

Le jeu représente un aspect primordial de la vie de tous les enfants…
Il est non seulement reconnu comme un droit légitime, mais aussi comme un phénomène universel, commun à tous les enfants du monde. Ainsi, le jeu permet aux enfants de se développer, d’apprendre à vivre en société, de gagner en confiance en eux-mêmes, mais aussi de développer leurs aptitudes en matière de langage, de pensée, de planification, d’organisation et de prises de décisions. Par ailleurs, il permet d’extérioriser le stress et d’éventuels problèmes psychologiques qu’un enfant en bas âge ne sait pas encore gérer. Il offre une échappatoire aux situations difficiles et améliore la qualité de vie des enfants. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’Humanium a souhaité financer le projet de rénovation d’une aire de jeu dans le camp de réfugiés palestiniens de Deheishe.

Mais le jeu permet aussi de « sauver le monde ».
Nous avons déjà évoqué un jeu qui met en scène un monde imaginaire avec des problèmes similaires à ceux que l’on rencontre dans le monde réel, et qui invite les enfants à les résoudre ensemble. Mais il existe d’autres jeux qui vous offre à vous, directement, la possibilité d’agir pour résoudre des problèmes à échelle mondiale ou locale. En voici quelques exemples :
World Without Oil, crée en 2007, vous permet de simuler votre vie dans un monde privé d’essence. Une étude a démontré que les joueurs, conscients des conséquences de leurs actions, adoptent fréquemment, après avoir joué à ce jeu, des attitudes de consommation plus responsables. De même, Superstruck vous donne l’opportunité d’intégrer une dream team chargée de trouver des solutions à un problème fictif, mais de taille : il ne reste à l’humanité que 23 ans à vivre. Prise de conscience garantie ! Au-delà de cela, il en ressort des réponses innovantes à des problèmes bien réels. Dans le même esprit, Evoke, un autre jeu, permettrait même de recevoir un certificat de la Banque Mondiale, car les solutions proposées ont été étudiées par de grands économistes ! Accompagné d’un roman illustré en ligne, Evoke aborde aussi des sujets tels que l’hygiène ou l’environnement, tout en restant divertissant.
Sans tomber dans l’excès, le jeu offre à chacun l’opportunité d’apprendre et de participer à la réflexion sur les grands problèmes qui touchent le monde. Pourquoi s’en priver ?

Pour plus d’informations :
http://www.ted.com/talks/jane_mcgonigal_gaming_can_make_a_better_world (conférence TED)
http://www.iftf.org/home/ (institut pour le futur)
http://www.unicef.org/french/ffl/03/3.htm (jeu et développement)
http://www.enfant-encyclopedie.com/pages/PDF/jeu.pdf (dossier complet – jeu et développement)

Ecrit par : Manon Moreno
Relu par : Corinne Bon
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