Une avancée supplémentaire pour le respect des droits de l’enfant !

Le 3ème Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant a été ratifié le 14 janvier par un 10ème pays, le Costa Rica, ce qui permet à ce protocole d’entrer en vigueur dès le mois d’avril 2014 !

assemblee-unphoto-devra-berkowitzNous ne pouvons que saluer cette nouvelle, puisque ce protocole marque une avancée considérable pour les droits de l’enfant : en effet, les mineurs pourront désormais déposer des plaintes en recours pour la violation de leurs droits auprès des 18 experts internationaux du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies.

Ce protocole renforce ainsi l’efficacité de la Convention des droits de l’enfant, puisque les cas individuels pourront être traités.

Les pays ayant à ce jour ratifié le 3ème protocole sont l’Albanie, l’Allemagne, la Bolivie, l’Espagne, le Gabon, le Monténégro, le Portugal, la Slovaquie, la Thaïlande et enfin, le Costa Rica, 10ème pays signataire entraînant l’entrée en vigueur dudit protocole.

L’avenir des enfants victimes de tout type de violation de leurs droits s’éclaircit donc encore un peu.

Ecrit par : Marlène Joris
Relu par : Géraldine DUVEAU
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Portrait de Rachel Mwanza: des rues de Kinshasa au tapis rouge

Le parcours exceptionnel de Rachel Mwanza, sortie de sa condition d’enfant des rues par sa détermination et par un sérieux coup de pouce du cinéma.

Née en 1997 en République Démocratique du Congo (RDC), cette jeune actrice a remporté l’Ours d’argent de la meilleure actrice au Festival de Berlin en 2012, pour son rôle dans le film Rebelle. Elle n’avait alors que 15 ans. Ce film, qui aborde la problématique des enfants soldats en Afrique, l’a révélée au public et lui a ouvert la voie à un autre monde, loin de celui dans lequel elle a grandi.

Une enfance fragile

Rachel a atterri dans la rue suite au divorce de ses parents. Sa mère part en Angola, laissant sa fille qui n’a que 10 ans chez sa grand-mère à Kinshasa. Celle-ci connaît des difficultés pour l’élever avec ses six frères et sœurs. Rachel passe alors le plus clair de son temps dans la rue, où elle vit de la vente d’eau en sachet. Elle se retrouve parfois à dormir à la belle étoile, comme des centaines d’autres enfants dans Kinshasa, capitale de 10 millions d’habitants. Ces enfants sont surnommés les « chégué » et vivent de la débrouillardise au quotidien.

La chance sourit à l’enfant des rues: « de la rue aux étoiles »

Un jour, sur un marché, un réalisateur belge remarque Rachel et l’engage pour son film Kinshasa kids, sur les enfants des rues (sorti en 2013). Le réalisateur canadien Kim Nguyen remarque les images de cette jeune actrice et l’engage pour son film Rebelle. Et tout s’enchaîne…

Rebelle était en compétition pour l’Oscar du meilleur film étranger. Rachel Mwanza était à la cérémonie des Oscars à Los Angeles, où elle a côtoyé les stars d’Hollywood.
Elle a également remporté deux Prix d’interprétation féminine au Festival du film de TriBeca (New York, 2012) et au Vancouver Film Critics Circle (Vancouver, 2013).

Depuis, Rachel est rentrée en RDC et l’équipe canadienne a veillé à ce qu’elle bénéficie d’un cadre de vie plus structuré : elle suit des cours de français et continue sa scolarité. Pour elle, l’école, apprendre, c’est important.

L’incroyable destin de Rachel est certes lié au septième art et à son pouvoir de faire des histoires de conte de fées une réalité, de créer des célébrités parties de rien : « c’est une sorte de miracle que j’ai été retenue pour ce rôle » reconnaît Rachel Mwanza. Mais ce succès, Rachel le doit aussi à sa personnalité et à ce qu’elle dégage. Le réalisateur Kim Nguyen admire son courage. Rachel Mwanza incarne l’image de la réussite d’une enfant revenue de loin, qui peut inspirer d’autres enfants.

Cependant, Rachel n’a pas oublié d’où elle venait et elle pense aux enfants qui connaissent la dure vie des rues. Elle a créé la Fondation Rachel Mwanza qui vient en aide à ces enfants:
https://fr-fr.facebook.com/pages/Fondation-Rachel-Mwanza/140033129499411

Lien vers la bande-annonce du film Rebelle

Lien vers la bande-annonce du film Kinshasa Kids

Ecrit par : Henintsoa Ravoala
Relu par : Claire Alcais
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Les enfants soldats du Mali

Au Mali, les enfants représentent plus de la moitié de la population et sont des centaines à avoir été enrôlés dans les groupes armés. Comme tous les enfants soldats, ils peuvent y être victimes d’exécutions sommaires, de tortures, d’enlèvements et d’abus sexuels.

Bien que le conflit ait débuté en janvier 2012, ce n’est qu’en juin 2013 que le pays a été inscrit dans la triste « list of shame ». Il y est question de la participation des enfants dans les conflits armés.

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Le Mali, jusque là un pays en paix, a été confronté en janvier 2012 à l’invasion de rebelles au Nord : les touaregs du Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA), mais aussi les djihadistes d’Ansar Dine. Ces deux groupes armés, soutenu par  le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO), sont accusés d’avoir enrôlé des enfants soldats dans leur rang d’une part, et d’avoir commis des violences envers les enfants d’autre part. Le capitaine Amadou Aya Sanogo (bénéficiant d’une force armée importante et d’un certain soutien) s’est emparé du pays par un coup d’état et depuis le 12 avril 2012, Dioncounda Traoré, le président de la transition ne parvient pas à rétablir le calme, ni à organiser des élections transparentes.

Les enfants soldats peuvent avoir été vendus par leur famille ou les responsables de leur école contre des compensations pécuniaires, mais ils peuvent également avoir décidé eux-mêmes de s’enrôler dans les groupes armés pour de l’argent ou pour une vie qu’ils imaginent « pleine d’aventures ». Cet enrôlement va de pair avec la destruction et la fermeture des écoles. On estime que 200’000 enfants maliens ne reçoivent plus d’éducation depuis le début du conflit. Les images d’enfants assis sur les bancs de leurs écoles ont été remplacées par celle d’enfants trop petits pour leurs uniformes et traînant leurs fusils trop lourds. Les organisations internationales ont également dénoncé la détention par le gouvernement d’enfants suspectés d’avoir été soldats pour les groupes rebelles.

Malgré l’intervention de la France sur demande du président Dioncounda Traoré et l’accord de l’ONU pour déclencher une intervention militaire de libération du pays, les violations des droits de l’enfant perdurent. Ils grandissent entourés par la violence. Ainsi, les risques de lourds traumatismes et de comportements violents et asociaux à l’âge adulte sont considérables. Leur seule compétence étant le maniement des armes, il est à craindre qu’ils soient à l’avenir incapables de s’intégrer dans une société pacifique, voire même de comprendre ce qu’est la cellule familiale.

Pour plus d’informations sur les enfants soldats en général, cliquez ici.

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