2015 : une année décisive

FB_IMG_1439199821766Depuis sa fondation à Genève le 20 novembre 2008, Journée mondiale des droits de l’enfant, et son développement en France et en Allemagne, le réseau des trois associations Humanium a beaucoup évolué et démultiplié son impact dans la vie des enfants à travers le monde.

Au niveau mondial, Humanium a su utiliser les forces des nouvelles technologies pour rendre accessibles et compréhensibles les droits de l’enfant au plus grand
nombre. 5 millions de personnes ont été sensibilisées en 2015 grâce à nos contenus d’éducation aux droits de l’enfant disponibles gratuitement en ligne.
Au niveau local, Humanium a mis en oeuvre les droits de l’enfant en Bolivie, en Inde, à Madagascar, en Ouganda, au Burkina Faso et au Rwanda. Ce dernier pays représente un tournant majeur dans les activités d’Humanium puisque nous y
avons développé un projet pilote et particulièrement prometteur utilisant une
combinaison interdisciplinaire unique d’outils juridiques et de techniques
psychosociales.

Le veille menée par Humanium sur la situation des enfants a permis d’établir une nouvelle carte des droits de l’enfant dans le monde, diffusée largement en ligne, elle l’est aussi au niveau local à travers des ONG et des enseignants ; et est imprimée dans plusieurs manuels scolaires.

Près d’une centaine de demandes ont été faites à notre helpline pour des conseils juridiques relatifs à des violations des droits de l’enfant.

Tout cela a été possible grâce à nos donateurs et soutiens, nos partenaires et aux centaines de bénévoles qui s’engagent quotidiennement à nos côtés.

Merci de tout coeur pour le changement co-créé dans la vie des enfants.

Olivier Soret, Président d’Humanium

> Rapport d’activités 2015 (pdf)

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Les Maras ou le piège de la jeunesse d’Amérique centrale

child-696171_1280Depuis les années 1990, le Guatemala, le Honduras et le Salvador, communément appelés Triangle du Nord pour leurs records de criminalité, sont en proie à la violence des maras, des gangs criminels caractérisés par une violence extrême. En plus de semer la terreur dans ces différentes villes centraméricaines, ces derniers se livrent au recrutement d’enfants et d’adolescents, les entrainant ainsi dans le crime organisé.

Un fléau aux multiples facteurs

Le phénomène des maras est apparu aux États-Unis dans les années 1970. De nombreux Centraméricains réfugiés en Californie à cause des conflits qui sévissent au Guatemala, au Honduras et au Salvador peinent à s’intégrer et sont victimes des gangs. Obéissant à leur instinct de survie et déterminés à se défendre, ils imitent leur fonctionnement et forment à leur tour des gangs qu’ils surnomment maras. Leurs membres sont appelés mareros. À la fin des conflits, dans les années 1990, les jeunes centraméricains qui ont un casier judiciaire sont expulsés des États-Unis. Confrontés aux dures réalités sur le terrain (différences culturelles, pauvreté, chômage, faiblesse des institutions et absence de dispositifs de sécurité), ils reconstituent les mêmes gangs dans leurs pays.

Le triangle du Nord ou le paroxysme du crime et de la violence

En Amérique Centrale, les maras constituent un véritable réseau criminel. La liste des crimes est longue, mgun-on-groundais les maras vivent principalement du racket, des cambriolages, des kidnappings et de la prostitution. En outre, ces gangs sont armés et se montrent extrêmement violents, n’hésitant pas à appuyer sur la détente. C’est pourquoi le Triangle du Nord enregistre des records de criminalité, avec 15 802 homicides pour l’année 2014. À cela s’ajoute l’inefficacité des politiques à endiguer ce phénomène et la corruption des forces de l’ordre. Tous ces facteurs contribuent à l’ampleur du phénomène des maras, qui continuent sans foi ni loi à faire régner la terreur en Amérique centrale.

Une jeunesse prise au piège

La jeunesse centraméricaine est la plus touchée par ce phénomène, car les mareros sont recrutés lorsqu’ils ne sont encore que des enfants. La pauvreté endémique à laquelle sont confrontés ces pays d’Amérique centrale entraine très souvent la déstructuration des familles : soit les enfants ont été abandonnés par l’un de leurs parents, soit ce dernier est en prison.

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Résultat, ces enfants se tournent vers les maras qui leur apparaissent comme une famille, leur donnent une identité (code vestimentaire et tatouages), une reconnaissance au sein du gang et de l’argent facile. Mais dans la majorité des cas, ils n’ont pas d’autre choix que d’intégrer une mara, leur vie ou celle de leur famille étant menacée.

Âgés de 6 à 14 ans lorsqu’ils entrent dans une mara, les enfants sont pris dans un engrenage et n’ont aucune porte de sortie. D’abord informateurs ou messagers, ils accomplissent dès 9 ans un rite d’initiation pour devenir marero à part entière. Cela va du passage à tabac, à l’obligation de tuer un citoyen lambda dans la rue ou au viol, lorsque la recrue est une fille. De plus, ils deviennent parents très jeunes, élevant leurs enfants au sein de la mara, si bien que ceux-ci deviennent à leur tour mareros. Finalement, les mareros meurent pour la plupart avant l’âge de 30 ans, victimes d’une mara ennemie ou tués par les leurs pour avoir voulu quitter ce mode de vie.

Ecrit par : Laetitia Amany
Relecture interne par : Diane BE
Relecture externe par: Stéphanie Bellumat

La-Croix.com. (2015, 31 octobre). En Amérique centrale, une jeunesse à l’ombre de la violence des gangs. La Croix. Repéré 11 mai 2016, à http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/En-Amerique-centrale-une-jeunesse-a-l-ombre-de-la-violence-des-gangs-2015-10-31-1374908
Les Maras, ces gangs armés qui piègent une jeunesse sans espoir – Alma Latina – Rue89 – L’Obs. (s.d.). Rue89. Repéré 11 mai 2016, à http://rue89.nouvelobs.com/blog/alma-latina/2010/05/04/les-maras-ces-gangs-armes-qui-piegent-une-jeunesse-sans-espoir-149756
Les « Maras » : les gangs de jeunes d’Amérique Centrale. (s.d.). Amnesty International Belgique Francophone. Repéré 11 mai 2016, à http://jeunes.amnesty.be/jeunes/nos-campagnes/enfants-soldats/a-voir-a-lire/les-enfants-soldats-par-pays-region/amerique-latine/article/les-maras-les-gangs-de-jeunes-d-amerique-centrale
Niños son reclutados por maras para extorsionar. (s.d.). Diario El Heraldo. Repéré 11 mai 2016, à http://www.elheraldo.hn/pais/862927-214/niños-son-reclutados-por-maras-para-extorsionar
Tout Savoir. (s.d.). Au Cœur du Gang Maras le Plus Dangereux du Monde ( Tout Savoir ). Repéré à https://www.youtube.com/watch?v=h4K4PGeS6pM&noredirect=1
http://grupoirena.com/newsletter/71-francais/septembre-2012/338-focus-amerique-centale-la-violence-dans-le-triangle-du-nord

 

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Cahiers pédagogiques : l’ONG World Wide Watch développe des activités éducatives pour les enfants

Humanium a été partenaire de l’ONG World Wide Watch dans la construction d’une école au Sénégal. L’ONG développe aujourd’hui des cahiers pédagogiques destinés aux élèves des deux premières années de primaire, avec pour objectif de permettre à chaque enfant d’être « un Petit Prince ».

 petit prince

Une réponse à la perte de valeurs : le savoir-être

Flavio Lucchesi, détenteur d’une licence en Sciences de l’Éducation, est président de World Wide Watch : « À l’heure où le monde devient de plus en plus individualiste, la perte de valeurs telles que le respect et l’appréciation de l’autre devient une inquiétude grandissante lorsque nous pensons à l’éducation de nos enfants. Nous souhaitons qu’ils ne perdent pas leur innocence, leur curiosité vis-à-vis du monde qui les entoure comme nous les avons perdues, et qu’ils demeurent des Petit Prince. Face à cette problématique, l’ONG World Wide Watch s’est donné pour mission de développer des cahiers pédagogiques inculquant aux enfants le savoir-être. »

« S’il vous plaît… Dessine-moi un mouton ! »

« On connaît tous cette citation tirée de ce livre que nous avons lu lorsque nous étions enfants. Mais combien sommes-nous à en avoir vraiment saisi le sens, à en avoir intégré le message en grandissant ? En effet, malgré la simplicité du texte et les dualités évidentes enfants-adultes, visible-invisible, etc., Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry est plus qu’un conte : il appelle chaque adulte que nous sommes à réveiller l’enfant qui est en nous, cet être innocent qui cherche à apprivoiser tout ce qui l’entoure. »

Mieux vivre en société

Flavio Lucchesi fait un constat : « dans les sociétés individualistes et consuméristes où nous vivons aujourd’hui, nous avons tendance à nous éloigner de l’autre. C’est cette attitude vis-à-vis de l’autre que nous devons corriger. World Wide Watch s’est donc donné pour mission de faire de nos enfants des citoyens respectueux de leur environnement et capables de vivre en société. »

« Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry nous appelle à nous détacher du matérialisme, de l’utilitarisme et de l’hyperconsommation qui nous isolent les uns des autres pour nous recentrer sur le monde qui nous entoure et auquel nous appartenons. »

Une approche innovante centrée sur l’enfant

Jean-Napoléon Vernier disait que « la nature ébauche l’homme et l’éducation l’achève ».

C’est dans cet esprit que s’inscrit le projet de World Wide Watch, qui entend développer une série de six manuels et cahiers d’activités pédagogiques destinés aux enseignants et aux élèves du primaire.

Les cahiers d’activités, qui couvrent les huit années de primaire, adoptent une approche innovante. Visant la compréhension cognitive de l’enfant et le savoir-être, ces cahiers n’ambitionnent pas de se substituer aux programmes scolaires déjà établis, mais aspirent plutôt à apporter un plus.

Flavio Lucchesi précise : « Ils ne prétendent pas transmettre un savoir, mais entendent plutôt amener l’enfant à prendre conscience du monde qui l’entoure et à réfléchir sur son environnement pour mieux le comprendre. Les activités proposées dans les cahiers abordent tour à tour la compréhension de l’autre, l’environnement, le respect et les règles dans une approche faisant intervenir plusieurs disciplines à la fois. En outre, elles poussent l’enfant à adopter différentes perspectives : il est appelé à réfléchir sur lui-même, sur les autres et sur le monde en général.

Cette approche est avant tout centrée sur l’enfant. Chaque activité comprend des exercices à réaliser individuellement et en groupe. De plus, à l’issue de chaque activité, l’enfant est invité à réfléchir sur le travail effectué et à exprimer son niveau de satisfaction par rapport à celui-ci. Cette méthode permet de responsabiliser l’enfant qui aura alors tendance à s’investir davantage dans son travail. »

Un projet à vocation universelle

« La beauté du projet de World Wide Watch tient à sa vocation universelle. Les cahiers sont développés de sorte à pouvoir être utilisés par les écoles du monde entier. »

Des cahiers pédagogiques disponibles gratuitement en ligne

Le premier cahier d’activités, qui couvre les deux premières années de primaire, a été réalisé en français, en anglais et en arabe et sera traduit dans d’autres langues. Il est dès à présent disponible en anglais sur le site internet de l’ONG

Ecrit par : Laetitia Amany
Relecture interne par : Olivier Soret
Relecture externe par: Ania Beznia
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