Enfants du Bhoutan

Enfants du Bhoutan

Concrétiser les Droits de l’Enfant au Bhoutan

Petit État baigné au milieu de deux puissances en plein développement (l’Inde et la Chine), le Bhoutan se montre très discret au niveau international. Pourtant, dans ce pays et malgré des progrès incontestables, les Droits de l’Enfant ont encore un long chemin à parcourir avant d’être pleinement reconnus et effectifs.

Carte du Respect des Droits de l'Enfant dans le monde   BHOUTAN

orangeIndice de Concrétisation des Droits de l’Enfant: 8,13 / 10
Niveau orange : Problèmes sensibles

Population : 777 mille
Pop. de 0-14 ans : 28,9 %

Espérance de vie : 68,3 ans
Mortalité des – de 5 ans : 27 ‰

 

Principaux problèmes rencontrés par les enfants au Bhoutan :

Pauvreté

Près d’un quart de la population du Bhoutan vit en dessous du seuil de pauvreté. De plus, le Revenu National Brut ( RNB ) est extrêmement bas. Il est en effet 10 fois inférieur à celui du Portugal, qui n’est pourtant pas maître en la matière.

De nombreux enfants souffrent des conséquences de la pauvreté, notamment en matière de santé, d’éducation, de travail… Les enfants vivant dans les régions rurales sont plus particulièrement affectés..

Enfants handicapés

Malgré de récents efforts du pays en la matière, la situation des enfants handicapés demeure fragile. Ils sont encore mis en marge de la société et ne bénéficient pas de tous les droits sensés leur être reconnus. Les services et organismes spécialisés pour les enfants handicapés sont largement insuffisants. Aussi, leurs droits ne sont pas suffisamment garantis et leurs accès aux services publics s’en voient restreint. Ces enfant rencontrent par exemple des difficultés en matière d’accès à l’éducation, aux soins de santé…

Enfants migrants

La nationalité bhoutanaise est très difficile à acquérir, elle implique que les deux parents soient de nationalité bhoutanaise. Ainsi, de nombreux enfants nés et habitant au Bhoutan n’ont pas la nationalité. Certains d’entre eux seront alors apatrides, synonyme de grandes difficultés dans l’exercice de leurs droits.

En outre, les enfants migrants sont objets de discrimination vis à vis des nationaux. Ils se heurtent à de nombreux obstacles pour bénéficier des services publics. Ainsi, leurs droits à l’éducation, à la santé et à la nationalité ne sont pas pleinement garantis.

Droit à l’éducation

Au Bhoutan, plus d’un enfant sur dix n’est pas scolarisé. Le Bouthan a pourtant mis en œuvre certains moyens pour augmenter le taux de scolarisation, notamment la gratuité de l’éducation primaire. Malheureusement, les frais complémentaires, ainsi que les frais informels qu’engendrent la scolarisation des enfants demeurent trop élevés. Certains parents ne peuvent donc pas assurer financièrement l’éducation de leurs enfants.

En outre, l’école n’est pas obligatoire. Les familles les plus pauvres préfèrent ainsi que leurs enfant travaillent et rapportent de l’argent à la maison, plutôt que de les envoyer à l’école, où ils sont économiquement inutiles.

SIDA

Le nombre de personnes infectées par le VIH est en augmentation au Bhoutan. Les mesures de prévention et d’information en la matière sont trop insuffisantes. Ainsi, les mères qui ne sont que trop peu informées, continuent de transmettre le virus à leurs enfants.

De plus, les moyens de contraceptions ne sont pas assez mis en avant, entraînant ainsi la diffusion du VIH et même des grossesses non désirées chez les jeunes filles.

Travail des enfants

Bien que l’âge légal pour être économiquement actif soit de 18 ans, près d’un enfant sur cinq est contraint de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille au Bhoutan. Beaucoup font face à des conditions de labeur très difficiles dans les champs, les ateliers…

L’exploitation sexuelle des enfants est également très préoccupante dans ce pays où le consentement sexuel ne connait pas de limite d’âge. Ainsi, les trafiquants d’enfants sont plus libres et le commerce du sexe est difficile à éradiquer.

Enfants des minorités

La garantie et le respect des droits des minorités protégés par la CIDE sont préoccupants au Bhoutan. En effet, ce pays ne protège pas suffisamment les groupes minoritaires tels que les népalais, très présents sur le territoire bhoutanais. En outre, les enfants sont victimes de discrimination. Leur droit d’avoir et de respecter leurs propres coutumes, religions et traditions linguistiques sont constamment violés. Ils ne sont pas intégrés correctement au reste de la population et n’ont pas un égal accès aux services publics.

Maltraitances

Les châtiments corporels ne sont pas explicitement interdits au Bhoutan. Ainsi, beaucoup d’enfants sont encore victimes de maltraitance aussi bien dans le cadre familial que scolaire. Le Comité des droits de l’enfant s’est ainsi dit inquiet de la législation bhoutanaise qui n’est pas en mesure de garantir le droit des enfants à la protection, conformément à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE). Certains monastères sont notamment le siège de punitions corporelles sur les jeunes moines qui y résident.

En outre, les cas de maltraitance et d’abus des enfants dans leur famille sont trop nombreux. De plus, la prise en charge et le suivi des enfants victimes sont sérieusement précaires.