La malnutrition des enfants en Inde – Un problème à éradiquer

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La malnutrition des enfants de moins de 5 ans est la porte d’entrée à une vie marquée par des troubles cognitifs et physiques. Des mots comme « consumérisme » ou « excédent alimentaire » font tous les gros titres aujourd’hui, cependant que des taux élevés de malnutrition révèlent la dure réalité de l’inégalité, du manque d’accès et de la pauvreté qui continuent d’affecter la vie de millions de personnes sur terre.

Jusqu’à l’âge de 5 ans, une bonne alimentation est la clé pour établir des bases saines pour toute la vie. La réalité à laquelle l’Inde est confrontée est d’une triste ironie, puisque l’Inde est le 2ème plus grand producteur de nourriture dans le monde, alors que la malnutrition, particulièrement chez les enfants, reste un obstacle majeur à l’avancée du pays.

Qu’est-ce que la malnutrition ?

La malnutrition se définit par des carences, des excès ou des déséquilibres dans l’apport en nutriments et/ou en énergie d’une personne. Elle peut être classée en deux grandes catégories. La première est la « dénutrition » qui résulte d’un manque de nutriments sains et qui peut entrainer l’arrêt de la croissance tant au niveau interne qu’externe, par exemple un retard au niveau de la croissance corporelle ou un poids insuffisant. La seconde catégorie est liée à l’apport excessif de nourriture, entraînant des problèmes tels que l’obésité, le diabète, ou les maladies cardiaques, qui relèvent de cette catégorie de malnutrition. (WHO, 2020)

Il n’y a aujourd’hui pas un seul pays au monde qui ne soit confronté à la malnutrition, un problème persistant ou s’aggravant (WHO 2020). Parmi les personnes touchées, environ 159 millions d’enfants de moins de 5 ans sont en arrêt de croissance, 50 millions sont émaciés (lorsqu’un enfant est trop mince pour sa taille en raison d’une rapide perte de poids ou de son incapacité à prendre du poids) (UNICEF/WHO/World Bank Group, 2019) et 41 millions sont en surpoids ou obèses (WHO, 2020). De nombreux facteurs contribuent à la malnutrition, dont un allaitement inadéquat, le manque d’accès à une nourriture saine (en particulier lorsque les prix de la nourriture augmentent) et différents types d’infections (WHO, n.d.).

Pourquoi une nutrition saine est-elle cruciale au bon développement de l’enfant ?

Le corps humain est résiliant et mérite notre admiration pour sa capacité à s’adapter à différentes conditions et environnements. Cela étant dit, l’accès à une nourriture adaptée dans les premiers instants de la vie est vital, diminue les risques pour la santé durant toute la vie et protège également contre les maladies non transmissibles (NCDs) (UNICEF, 2019).

Le début de la vie est une période de développement mental et physique rapide. Les 1 000 premiers jours de vie d’une personne, depuis le fœtus dans le ventre de sa mère, jusqu’au second anniversaire de l’enfant, représentent une étape particulièrement importante. Le lait maternel à ce moment-là est essentiel et a un impact extrêmement positif sur les enfants, aussi bien sur le développement du cerveau que sur celui du système immunitaire. Le lait maternel est conçu pour répondre aux besoins de l’enfant et peut réduire le risque de mortalité, en ce sens que l’allaitement universel pourrait sauver annuellement les vies de 820 000 enfants de moins de 5ans (UNICEF, 2019).

Focus sur l’Inde

La prévalence de la malnutrition et ses effets néfastes sur les enfants en Inde est alarmant. Dans un rapport publié par l’UNICEF, il a été démontré que la malnutrition était la cause de 69 % des décès d’enfants en dessous de 5 ans en Inde, alors que, dans cette tranche d’âge des moins de 5 ans, un enfant sur deux souffre d’une forme de malnutrition (Economic Times, 2019).

Ces carences nutritionnelles, sources de préoccupation majeure en Inde, peuvent entraîner des dommages physiques irrémédiables chez les enfants et, outre la souffrance physique causée par la sous-nutrition, il est reconnu qu’elles empêchent le développement du cerveau et peuvent par exemple entraîner différents types de handicaps, avec réduction des capacités mentales ou des risques accrus de maladies chroniques de la nutrition. (UNICEF, n.d.)

Ces carences peuvent remonter à une période antérieure à la conception, si la mère présentait des antécédents de malnutrition et aussi être dues à un manque d’hygiène et d’accès à des services sanitaires adéquats. À l’âge de 2 ans, le retard de croissance devient irréversible. (UNICEF, n.d.) C’est en Inde qu’il y a le plus grand nombre de cas d’enfants souffrant d’un retard de croissance dans le monde (40,6 millions), un tiers de tous les enfants du monde de moins de 5 ans atteints d’un retard de croissance. (UNICEF, n.d.) Les États de Bihar, Madhya Pradesh, Maharashtra et Uttar Pradesh à eux seuls comptent 50 % des enfants en retard de croissance, dans un pays comptant 29 États différents. (UNICEF, n.d.)

La défécation à l’air libre est en fait l’un des facteurs principaux contribuant à la malnutrition (Singh, 2020). Une réalité pour les classes les plus pauvres de la société, qui peut représenter des tonnes d’excréments chaque jour, auxquels les enfants sont exposés via un contact direct (UNICEF, n.d.). Les risques d’être contaminé ou de transmettre des maladies hydriques et diarrhéiques sont multipliés par le manque d’accès à l’eau potable dans les logements et le manque de lavage régulier des mains. Cela a conduit à près de 10 000 décès dus à la diarrhée chez les enfants en dessous de l’âge de 5 ans en Inde (UNICEF, n.d.).

Les efforts et les mesures pour lutter contre la malnutrition

En limitant la défécation à l’air libre, les progrès de l’Inde en la matière ont été louables. En 2015, près de 568 millions de personnes avaient recours à la défécation à l’air libre dans les espaces publics à cause du manque d’accès aux toilettes (UNICEF, n.d.). En 2019, on estime que le nombre de personnes n’ayant pas accès aux toilettes a baissé pour s’établir à 450 millions, grâce à la mission menée par le Premier Ministre Swachh Bharat, en collaboration avec l’UNICEF (UNICEF, n.d.)

Un autre plan gouvernemental destiné à lutter contre la malnutrition est celui de la « Mission de nutrition nationale » ou le plan de POSHAN Abhiyaan, qui été introduit par le Premier Ministre en 2018/ (NITI Aayog, n.d.) Ce plan visait entre autres à améliorer la sanitation et les conditions d’hygiène, le traitement de l’anémie, les soins prénataux et les pratiques pour un allaitement optimal, en faveur d’au moins 130 millions d’enfants. (NITI Aayog, n.d.).

En outre, l’UNICEF continue de soutenir aussi bien le gouvernement central que les gouvernements d’État, en mettant en oeuvre des programmes de nutrition essentiels pour les enfants, qui assurent entre autres le soutien au personnel soignant, le suivi des progrès dans la diversité alimentaire, la défense des politiques et des stratégies de communication sur ces thématiques. (UNICEF, n.d.).

Que pouvez-vous faire pour aider à combattre la malnutrition des enfants ?

La malnutrition des enfants en Inde reste un problème endémique malgré les énormes progrès réalisés ces dernières années. Avec une abondance de ressources et une technologie évoluant rapidement, l’accès aux nutriments nécessaires pour chaque enfant semble un projet réalisable. Les enfants continuent d’être l’espoir du monde pour un avenir plus lumineux, plus sûr et un effort global doit être fait pour éradiquer un problème qui les empêchent d’atteindre le maximum de leur potentiel physique et mental.

Humanium travaille sans relâche sur des projets améliorant les droits de l’enfant en Inde. En tant qu’organisation, nous soutenons notre partenaire local, Hand in Hand India, dans la gestion du « Centre de formation spécial résidentiel » de Madhya Pradesh, en Inde, qui héberge 55 anciennes jeunes filles travailleuses, et qui, comme les autres centres et écoles d’Inde a dû temporairement être fermé pendant la pandémie. L’objectif du Centre de formation spécial résidentiel est de mettre fin au travail infantile à travers l’éducation, en offrant aux enfants travailleurs un accompagnement sur mesure pour finalement les réintégrer dans les écoles publiques.

Bien que le centre est destiné à l’éducation, ce projet représente aussi une chance inestimable de changer la vie des enfants indiens dans de nombreux domaines, entre autres en mettant un terme à la malnutrition et au travail infantile, dans un pays où cette pratique est encore très courantes. Si vous souhaitez soutenir Humanium dans son travail, vous pouvez parrainer un enfant, faire un don ou devenir volontaire.

Ecrit par Aditi Partha

Traduit par Laurence Mortier

Relu par Catherine Pétermann

Bibliographie :

Economic Times. (2019, October 16). News/Politics and Nation. Retrieved from Economic Times.

NITI Aayog. (n.d.). Poshan-Abhiyaan. Retrieved from NITI Aayog.

Singh, A. (2020, March 2). Books: Perspective of recent advances in acute diarrhea/childhood malnutrition in India. Retrieved from Intechopen.

UNICEF / WHO / World Bank Group. (2019). Joint-malnutrition-estimates-2019. Retrieved from UNICEF.

UNICEF. (2019). The State of the World’s Children 2019. New York : UNICEF.

UNICEF. (n.d.). India/What we do/Early childhood nutrition. Retrieved from UNICEF.

UNICEF. (n.d.). India: What we do/Stop stunting. Retrieved from UNICEF.

UNICEF. (n.d.). India: What we do/Water sanitation hygiene. Retrieved from UNICEF.

WHO. (2020, April 15). News-room/Q-a-detail/Malnutrition. Retrieved from WHO.

WHO. (n.d.). Maternal_child_adolescent. Retrieved from WHO.