Enfants de Palestine

Enfants de Palestine

Concrétiser les Droits de l’Enfant en Palestine

En faisant référence au conflit israélo-palestinien, le Comité des droits de l’enfant s’est déclaré en 2013 « à nouveau vivement préoccupé par le fait que des enfants des deux camps engagés dans le conflit continuent d’être tués ou blessés, les enfants vivant dans le territoire palestinien occupé représentent un nombre disproportionné de ces victimes. »

L’État d’Israël est responsable de la bonne application de la Convention internationale des droits de l’enfant en Israël et dans le territoire palestinien occupé (TPO). En effet, selon la Cour internationale de Justice, il est, en tant que puissance occupante, responsable de la situation des droits de l’Homme en Palestine. Toutefois, l’État israélien refuse de reconnaître cette obligation.

En conséquence, de nombreuses violations des droits de l’Enfant ont lieu et restent impunies.

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orangeIndice de Concrétisation des Droits de l’Enfant: 7,74 / 10
Niveau orange : Problèmes sensibles

Population : 4,7 millions
Pop. de 0 à 14 ans : 39 %

Espérance de vie : 73,2 ans
Mortalité des moins de 5 ans : 19 ‰

 

Principaux problèmes rencontrés par les enfants en Palestine:

Enfants victimes de la guerre
Dans le conflit armé qui oppose Israël à la Palestine, on déplore la mort de nombreux enfants palestiniens, victimes innocentes tuées par erreur, mais parfois aussi abattues froidement et sans raison par des militaires israéliens.

victimes-conflit-andreas-h-lunde-flickrDans la bande de Gaza, où Israël mène une guerre contre le Hamas, les différents affrontements et raids israéliens ont conduit à la mort de nombreux enfants.
Les attaques visent souvent des lieux publics qui se transforment souvent en refuges pour les civils, tels que les écoles, les hôpitaux, etc. Au-delà des vies perdues, des dizaines de milliers d’enfants sont blessés et certains resteront handicapés à vie.

« Flashbacks, cauchemars, agoraphobie : les dégâts de la guerre n’épargnent pas les enfants », déplore l’Unicef suite à une étude menée auprès d’enfants gazaouis. Ces derniers sont traumatisés : 88% d’entre eux éprouvent de la peur.

Le Hamas n’hésite pas non plus à utiliser les enfants palestiniens de la bande de Gaza comme personnes actives dans sa lutte contre Israël. Ainsi, sur un site internet, on peut voir que le Hamas glorifie et incite les enfants à se suicider pour défendre la cause palestinienne. Avec le slogan : « la mort pour Dieu est la victoire », des enfants sont encouragés à s’engager activement dans le conflit, au détriment de leur droit à la vie et à la protection.

Enfants victimes de l’occupation
D’autre part, l’occupation de la Palestine par Israël impacte quotidiennement la vie des enfants. L’Autorité palestinienne est grandement dépendante de l’aide internationale, les ressources financières sont maigres et les services publics ne sont pas à la hauteur.

Le mur, qui prend la forme d’une clôture par endroits et qui zigzague en Cisjordanie, a de nombreuses répercussions à la fois sur l’accès à l’éducation, à l’eau, aux soins et sur le développement économique du pays (cf. chapitres suivants).

Par ailleurs, des rapports d’organisations non-gouvernementales démontrent qu’Israël fait usage de la force pour réprimer les manifestations pro-palestiniennes, n’hésitant pas à utiliser du gaz lacrymogène et à tirer sur la foule, même s’il s’agit d’enfants.

Un caillou a été défini par l’armée israélienne comme un projectile dangereux au même titre qu’une balle réelle. Ainsi, si un enfant lance un caillou sur un militaire israélien, ce dernier peut répliquer avec une arme et l’enfant peut écoper jusqu’à 20 ans de prison.

Pauvreté
Les restrictions israéliennes sur la libre circulation des personnes et des marchandises sont un obstacle majeur pour l’économie palestinienne.

pauvrete-delayed-gratification-flickrEn 2012, le taux de chômage était de 27% et selon les chiffres les plus récents, 26 % des Palestiniens vivent en-dessous du seuil de la pauvreté.

A Gaza, où la pauvreté est la plus forte, un jeune sur deux a la chance de travailler.

Les conséquences de la pauvreté sur la vie des enfants sont multiples : leur formation reste souvent lacunaire car ils quittent l’école très tôt, notamment pour travailler et subvenir aux besoins de leurs familles.

Le mariage précoce des jeunes filles et la criminalité des adolescents sont également des conséquences de la pauvreté.

Droit à l’éducation
En Palestine, environ 70% des enfants vont à l’école primaire.

L’accès à l’éducation est difficile pour les enfants qui vivent dans les camps de réfugiés et dans les villages où il n’y a pas d’école.

education-delayed-gratification-flickrSelon une étude de l’Unicef menée en 2013, plus de 2’500 enfants parmi les communautés étudiées traversent entre un et plusieurs checkpoints par jour pour se rendre à l’école. Une situation qui contribue à l’abandon scolaire et au travail des enfants.

De plus, le classes sont surpeuplées, leur nombre est insuffisant, l’enseignement est de moindre qualité et les écoles manquent de moyens et de matériels.

A Gaza, suite à l’Opération “Plomb durci” de 2012, plusieurs écoles ont été endommagées ou détruites. En 2013, plus de 123’000 enfants ont dû arrêter leur scolarité selon l’Unicef.

Droit à la santé
En Palestine, le taux de mortalité infantile est sept fois supérieur à celui d’Israël. En effet, 30 % des enfants palestiniens décèdent avant l’âge de cinq ans. Les causes de cette forte mortalité infantile sont variées : anémies, carences alimentaires ou encore malnutrition chronique sévère.

L’accès aux services de santé peut s’avérer extrêmement problématique en Palestine, en raison de la présence du mur et des checkpoints.

Des témoignages font état de cas où des familles se sont retrouvées bloquées par l’armée israélienne, alors qu’elles voulaient se rendre dans un hôpital pour soigner leurs enfants malades. Parfois, si les soins se font trop attendre, l’issue peut leur être fatale. Au cours du conflit, de nombreux hôpitaux ou dispensaires ont également été détruits, privant les enfants de leur droit à la santé.

Droit à l’eau
Les ressources en eau étant très limitées, l’hygiène est souvent reléguée au second plan, au profit de la satisfaction des besoins vitaux (boire et manger). Par ailleurs, la consommation d’eau non salubre entraîne également des maladies graves pour les enfants (diarrhées, hépatites…).

israel-v-p-il-e-02368En Cisjordanie, en 2013, plus d’un million de Palestiniens doivent se contenter d’environ 60 litres d’eau par jour et par personne, ce qui est bien en dessous du seuil recommandé par l’ONU, de 100 litres par jour et par personne.

A Gaza, 95% de l’eau est impropre à la consommation humaine. Elle est tellement polluée qu’on estime que le territoire n’aura plus d’eau potable en 2016, avec effet irréversible en 2020. Le taux élevé de nitrate (dû notamment à une mauvaise gestion des eaux usées) est à l’origine de plusieurs maladies qui touchent notamment les bébés et les enfants.

Mariages d’enfants
Bien que l’âge légal de la maturité soit fixé à 18 ans, le mariage d’enfant est une pratique encore bien présente en Palestine puisqu’une fille sur dix est mariée entre 15 et 19 ans et 2% d’entre elles avant 15 ans.

Ces mariages peuvent avoir des effets négatifs sur les jeunes filles qui ne savent pas quelles en sont les conséquences. En effet, bien souvent, après s’être mariées, les jeunes filles doivent devenir des femmes et s’occuper ainsi de la maison et de leur mari. De plus, à la suite de ces mariages, les jeunes filles tombent fréquemment enceintes et doivent alors s’occuper de leur progéniture, alors qu’elles sont encore elles-mêmes des enfants.

Discrimination
Les femmes et les filles continuent d’être victimes de discrimination. Elles sont notamment touchées par « les crimes d’honneur ». Même si selon la loi ces crimes sont punissables, les hommes écopent souvent d’une courte condamnation et les victimes ne trouvent pas d’écho suffisant à leur appel au secours.