Enfants du Salvador

Enfants du Salvador

Concrétiser les Droits de l’Enfant au Salvador

Le Salvador est le plus petit État d’Amérique centrale. Il en est également le plus densément peuplé et le plus industrialisé. Toutefois, le Salvador fait partie des pays les plus violents du sous continent américain. Les enfants de l’Etat salvadorien sont victimes des conséquences de la pauvreté, des guerres civiles et des catastrophes naturelles, récurrentes dans la région.

  SALVADOR

redIndice de Concrétisation des Droits de l’Enfant7,41
Niveau Rouge : Situation difficile

Population : 6,4 millions
Pop. de 0 à 14 ans : 30,6 %

Espérance de vie : 72,6
Mortalité des moins de 5 ans : 14 ‰

Principaux problèmes rencontrés par les enfants au Salvador :

Pauvreté

Il est estimé que 4 habitants du Salvador sur 10 vivent dans des conditions de pauvreté. La moitié des enfants et des adolescents du pays vivent avec moins de 1, 25 US$ par jour.

Ces conditions ont de graves impacts pour les populations car ces derniers n’ont pas accès à une alimentation suffisante, à l’eau, ou encore à l’assainissement.

Enfants et violence

Le taux de criminalité du Salvador fait partie des plus élevés au monde. Le pays a d’ailleurs été déclaré «le plus violent d’Amérique latine » et son taux de meurtres est le plus élevé de la région.

La Police Nationale Civile (PNC) a enregistré un total de 273 enfants blessés durant une même période. Les violences physiques, sexuelles ainsi que les meurtres de mineurs sont de plus en plus fréquents dans le pays.

En effet, l’UNICEF a indiqué que près de 241 enfants âgés de 13 à 17 ans avaient été tués au cours du premier semestre de l’année 2009. Par ailleurs, entre janvier et juillet 2009, 448 viols contre des mineurs avaient été enregistrés.

Les gangs de jeunes («maras») sont très présents au Salvador. Ces gangs, constitués principalement de mineurs âgés de 16 à 18 ans, comptent plus de 10 000 membres.

Loi sur la protection des enfants

Malgré la violence accrue au Salvador, le système légal tente de protéger les mineurs. Une loi sur la protection des enfants et des adolescents est d’ailleurs entrée en vigueur en 2010. Celle-ci prévoit la création d’un système national inclusif de protection des enfants et des adolescents, avec la participation de la famille, de l’État et de la société.

La loi sur la justice pénale des mineurs, qui régit les conflits entre les mineurs et la loi, assure le respect des droits fondamentaux de ceux ci. Les tribunaux et les services spécialisés du système judiciaire travaillant sur la question des enfants ont été renforcés. Un programme de réinsertion sociale pour jeunes délinquants a également été mis en œuvre.

Droit à l’éducation

Pour des raisons financières et parfois géographiques, beaucoup d’enfants ne peuvent pas aller à l’école. Pour remédier à cela, le Salvador a entrepris des réformes majeures du système d’enseignement secondaire pour augmenter substantiellement l’accès à l’école mais également pour améliorer la qualité de l’éducation offerte.

Cependant, de nombreux enfants ne peuvent pas étudier à l’école secondaire parce qu’ils ont besoin de travailler pour soutenir leurs familles.

Selon les Nations Unies, plus de 35% des enfants salvadoriens sont obligés de d’exercer une activité rémunératrice. Ces emplois concernent les plantations de canne à sucre et de café, les services domestiques et la vente de rue.

Cette réalité est encore plus critique dans les zones rurales où ce niveau atteint 62%. De nombreuses familles vivent avec moins de 1,00 US$ par jour et ne peuvent pas subvenir à leur besoins. Il est courant de voir des enfants commencer à travailler à 6 ou 7 ans.

La Constitution du Salvador (1983) reconnaît le droit à l’éducation préscolaire (4 à 6 ans) gratuite. Il est donc commun de voir des enfants abandonner l’école à partir de 7ans.

Travail des enfants

Au Salvador, près de 440 000 enfants sont forcés à travailler très jeunes. Environ 1,8 millions de mineurs âgés de 5 à 17 ans, doivent travailler. Dans la zone centrale de La Libertad, 30% de la population vit dans des conditions de pauvreté extrême.

Les familles n’ont d’autre choix que d’envoyer leurs enfants dans les marchés et les décharges pour ramener de l’argent à la maison. Ils exercent leur activité durant de longues heures, souvent dans des conditions dangereuses où ils sont exposés à divers abus et à de nombreuses maladies.

Leurs emplois peuvent aussi être domestiques ou agricoles. On peut citer la plantation de canne à sucre ou autres tâches risquées.

Les deux tiers des enfants qui travaillent vivent dans le secteur rural, où plus de 55% des ménages sont pauvres. Pour ces familles, l’argent ramené par les enfants est souvent considéré comme crucial pour leur survie.

Malgré tout cela, des dispositions constitutionnelles existent pour réglementer le travail des enfants mais ces dernières ne sont pas respectées.

En effet,  le travail est interdit pour les jeunes de 14 ans et moins. A partir de 16 ans, le travail est autorisé mais est limité à un certain nombre d’heures par jour. Les jeunes de 18 ans ne peuvent être employés que pour des postes n’impliquant aucune tâche dangereuse ou insalubre.

D’autre part, le Salvador a ratifié la Convention n°182 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) concernant l’interdiction des pires formes de travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur élimination.

Mariage d’enfants

Le mariage anticipé affecte des millions d’enfants dans le monde, et plus particulièrement les jeunes filles.

Le Code de la Famille permet le mariage aux enfants à partir de l’âge de 14 ans dans trois situations : si ceux-ci sont pubères, si le couple a eu un enfant, ou si la fille est enceinte.

Selon l’UNICEF, 5% des enfants de 15 ans et moins seraient déjà mariés et 25% des enfants seraient mariés à l’âge de 18 ans.

Droit à l’identité

Un autre problème auquel font face les enfants au Salvador est leur inscription au registre civil à la naissance.

On estime que près de 9,8% de la population du Salvador n’a pas été inscrite à la naissance et n’a pas de certificat de naissance. Approximativement 672,000 enfants ont besoin d’être enregistrés dans le pays. Ceci est grave car les enfants non enregistrés n’ont pas d’existence légale et ne peuvent pas obtenir de nationalité.

Les enfants non enregistrés peuvent avoir accès aux services de santé publique mais sont privés d’accès à l’éducation publique.

Enfants et SIDA

Droit à la santé © 807MDSC (Flickr)Le Salvador doit également faire face au VIH/SIDA. Malgré de nombreux efforts entrepris par les autorités nationales depuis les années 1990, le nombre de cas d’infection du VIH a augmenté et le virus affecte les groupes les plus vulnérables. Environ 14 718 cas de personnes infectées par le VIH ont été rapportés.

Toutefois, 60% des cas totaux ne seraient pas déclarés. Ce phénomène est plus présent en zones urbaines (60% des cas) et il affecterait davantage les femmes. Environ 29 000 adultes et enfants vivent avec le VIH/SIDA. Dans la plupart des cas, la transmission se fait de la mère à l’enfant.

Les risques d’exclusion et de marginalisation de ces enfants sont très grands. La plupart d’entre eux ne seront jamais intégrés au sein de la société.

Le gouvernement commença à chercher des réponses à l’épidémie en 1988 mais ces efforts furent entravés par douze années de guerre civile. Depuis la fin du conflit en 1992, le Salvador connait une période de reconstruction économique, politique et sociale. Le gouvernement entreprit de nouveaux efforts pour lutter contre le VIH/SIDA en créant le Conseil national du sida, CONASIDA en 1993.

Le premier plan stratégique portant sur le VIH/SIDA a été mis en œuvre en 1999. L’actuel plan stratégique national de lutte contre le VIH/SIDA favorise un système unifié et prend en compte les efforts de coopération avec les organisations non gouvernementales, les donateurs et les organisations internationales.

L’accès au traitement est actuellement concentré dans la capitale et est fourni presque exclusivement au niveau tertiaire. Le gouvernement envisage de décentraliser les services avec la participation de la société publique, privée et civile.

Malnutrition

Beaucoup d’enfants souffrent de malnutrition au Salvador. Ce problème touche 15.5% des enfants de l’école primaire. Cette situation a notamment été aggravée par la flambée des prix des produits alimentaires et par la hausse des coûts du pétrole.