Enfants du Brésil

Enfants du Brésil

Concrétiser les Droits de l’Enfant au Brésil

Le bilan du Brésil en matière de droits humains s’est largement amélioré dans de nombreux domaines depuis la fin du régime militaire. Malgré tout, la situation des enfants est loin d’être idéale et ceux-ci doivent fréquemment faire face à de cruelles difficultés les empêchant de grandir dans des conditions stables et paisibles.

  bresil

Indice de Concrétisation des Droits de l’Enfant: 7,76 / 10
Niveau orange :
Problèmes sensibles

Population : 207,5 millions
Pop. de 0 à 14 ans :
26,3 %

Espérance de vie : 73,9 ans
Mortalité des moins de 5 ans : 15 ‰

Principaux problèmes rencontrés par les enfants au Brésil :

Pauvreté

Au Brésil, environ un quart de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Dans ce pays, 80 % de la population vit dans les zones urbaines, et c’est dans ces villes qu’apparaissent de grandes injustices entre les « riches » vivant dans les beaux quartiers, et les « pauvres » vivant dans les favelas.

Les deux « catégories » de population habitent à quelques mètres l’une de l’autre. Pourtant, si on les plaçait sur une échelle de confort et de conditions de vie, elles se trouveraient aux deux extrémités. Les enfants des favelas sont quotidiennement confrontés aux problèmes de santé, d’alimentation, d’accès à l’eau, d’éducation et de violence.

Droit à la santé

La santé au Brésil est considérablement influencée par le manque de logements pour personnes à faible revenu. Ces familles sont alors contraintes de vivre dans des bidonvilles où la saleté, l’insalubrité et le manque d’hygiène, sont sources de nombreuses maladies et infections. En outre, le personnel médical est parfois hésitant à se rendre dans ces quartiers à hauts risques, au détriment, bien sûr, des enfants malades ou des mères enceintes.

Le Brésil a fourni de nombreux efforts pour lutter contre le virus du Sida durant ces dernières années. Il fait ainsi office d’exemple à l’égard de ses voisins. Toutefois, le combat n’est pas encore terminé. Les médicaments et les traitements contre le VIH continuent, par exemple, à manquer dans le pays.

De plus, même s’il n’est pas l’un des plus élevé au monde, le taux de mortalité infantile, demeure encore inquiétant.

Travail des enfants

Le travail des enfants n’est pas encore totalement éradiqué au Brésil. Les enfants sont notamment employés dans les milieux agricoles, et plus particulièrement dans les plantations de canne à sucre et les charbonniers. Les moins de 15 ans représentent de 25 à 30 % de la main d’œuvre dans les champs brésiliens.

Sur la côte, de nombreux enfants sont aussi engagés comme pêcheurs.

Les jeunes filles sont, quant à elles, souvent employées en tant que domestiques. On estime ainsi à plus de 480 000 le nombre d’enfants domestiques au Brésil.

Mariage d’enfants

Une enquête a révélé que 36 % des jeunes femmes brésiliennes sont mariées avant l’âge de 18 ans.

Ces mariages ont des conséquences graves sur la santé des jeunes filles qui ne sont pas psychologiquement préparées et ne comprennent pas toutes les obligations et les conséquences qu’engage un mariage. Aussi, elles sont souvent violées lors de la nuit de noce et victimes de violences sexuelles lors des rapports suivants.

Violences envers les enfants

Le Nord du Brésil est connu pour sa pauvreté. Dans cette région, les enfants vivent souvent dans la rue et sont alors confrontés, tous les jours, à la violence. Leur environnement est déplorable : trafic d’enfants, de drogue, prostitution, travail, mendicité et exploitation sexuelle forment leur quotidien.

Ces graves manquements aux droits et à la protection des enfants se retrouvent également dans l’ensemble du territoire brésilien à travers la vie des enfants orphelins. Dans le pays, on estime en effet à 3,2 millions le nombre d’enfants orphelins qui se retrouvent, en général, dans la rue et doivent affronter la violence et la cruauté qui y sévissent.

Dans les favelas, la violence règne plus qu’ailleurs. Les populations vivent sous la menace constante des trafiquants de drogue qui dirigent ces quartiers. Les confrontations entre gangs et forces de police sont fréquentes et s’accompagnent de violentes fusillades. Ainsi, un très grand nombre d’enfants est exposé à un risque physique et mental, à un traumatisme psychologique extrême, en raison des fusillades prolongées et de l’intensité des violences.

Exploitation sexuelles des enfants

Au Brésil, l’exploitation sexuelle des enfants est bien réelle. Malheureusement, les jeunes brésiliens victimes de violences sexuelles ne sont pas toujours entendus et les auteurs restent souvent impunis.

En outre, le commerce du sexe a évolué ces derniers temps. A présent, il se développe de plus en plus via Internet. Le caractère virtuel de celui-ci, rend les  enquêtes d’autant plus difficiles pour les autorités brésiliennes.

Viols, prostitutions et traites sexuelles des enfants font rage et l’exploitation sexuelle reste une des problématiques majeures du pays.

En plus du commerce du sexe, les narcotrafiquants qui règnent dans les favelas utilisent pareillement les enfants. Ainsi, des enfants parfois âgés de seulement 5 ans jouent le rôle de messagers entre dealers; ; ce qui les familiarise, de facto, avec le milieu des gangs dès leur prime jeunesse.

Enfants autochtones

Une grande partie du territoire du Brésil est couverte par la forêt amazonienne, territoire dans lequel vivent des peuples aux droits bafoués et non reconnus, où les enfants ne sont pas protégés et sont sans cesse menacés.

Tel est le cas, par exemple, dans la communauté de Laranjeira Ñanderu qui compte environ 85 enfants. Les habitants y logent dans des abris de misère et vivent dans des conditions de vie déplorables. Ils sont sans cesse menacés et harcelés par les autorités qui tentent les chasser.

Beaucoup de ces peuples sont violemment expulsés de leurs terres. Ils sont alors contraints de laisser leurs affaires qui finissent brûlées.

Les enfants présents ne sont pas épargnés par la violence et se retrouvent ainsi sans habitation et sans aucune protection. « Enfants sans terre », ils deviennent ensuite la proie des criminels. Beaucoup d’entre eux subissent des violences sexuelles, des discriminations, sont enrôlés dans le trafic de drogue… Perdus dans un nouvel environnement malsain et douteux, ils doivent alors travailler pour survivre. Malheureusement les domaines de travail qui s’offrent à eux sont bien cruels : prostitution, commerce de la drogue, exploitation…

Les populations autochtones et leurs enfants se retrouvent donc privés de droits fondamentaux tels que la sécurité, la santé, la nourriture, l’éducation ou la protection.

Protection policière et judiciaire des enfants

La police brésilienne est la plus grande terreur des enfants de la rue. Certains disent même que la vie dans la rue est un palace face à celle des détenus. En effet, il est assez fréquent que la police ait recours à la violence, notamment dans les favelas. Certaines opérations policières et militaires menées dans les rues des quartiers pauvres contre les gangs, entraînent la mort de nombreuses personnes y compris des enfants. Lors de ces opérations, les autorités négligent le bien-être et la sécurité des populations et confrontent ainsi les enfants à une cruelle violence.

Un tel climat d’insécurité entraîne les personnes à s’enfermer chez elles. Ainsi, les enfants ne sortent plus, les écoles et les garderies ferment et de nombreux habitants sont privés d’électricité. Par conséquent, à la protection que doivent normalement assurer les autorités de sécurité nationale, se substitue violence, danger et non respect des droits des enfants. De plus, des enquêtes révèlent que ces opérations dites de « sécurité » n’ont aucun impact positif sur la sureté de ces quartiers.

Il arrive aussi que les autorités décident d’expulser catégoriquement les quartiers à risque provoquant ainsi des émeutes très violentes. Les familles ainsi expulsées, et notamment les enfants, se retrouvent privés d’eau, de toilettes, de nourriture, d’électricité. Les enfants se voient renvoyer des écoles et l’accès aux soins de santé leur est refusé. Par exemple, le 24 août 2009, environ 500 familles ont été expulsées de leurs logements dans le Sud de São Paulo. Elles se sont retrouvées à vivre sous des bâches en plastique, en face de leur ancien terrain.

La justice est aussi largement mise en doute au Brésil : tortures, exécutions extrajudiciaires et disparitions forcées ne sont pas rares. Les mineurs ne sont pas non plus épargnés par les conditions déplorables des détenus.