Enfants du Rwanda

Enfants du Rwanda

Concrétiser les Droits de l’Enfant au Rwanda

La population rwandaise est constituée d’un très grand nombre d’enfants. Ce pourcentage élevé est une des conséquences de l’horrible génocide qui s’est opéré en 1994, au Rwanda. Les répercussions négatives de ce massacre continuent encore d’affecter les enfants à divers degrés. En effet, bien que la question des Droits de l’Enfant soit une des priorités du Gouvernement, les jeunes rwandais ne disposent pas pleinement de leurs droits.

redIndice de Concrétisation des Droits de l’Enfant:
5,61 / 10
Niveau rouge : Situation difficile

Population : 12,01 millions
Pop. de 0 à 14 ans : 42,3 %

Espérance de vie : 59 ans
Mortalité des moins de 5 ans : 66,67 ‰

1. Situation des enfants

Principaux problèmes rencontrés par les enfants au Rwanda :

Pauvreté

Plus de 60 % de la population rwandaise vit sous le seuil de pauvreté; les zones rurales étant bien plus concernées par ce phénomène que les zones urbaines.

La pauvreté, qui touche une grande majorité de petits rwandais, a des répercussions graves sur leur accès à : une alimentation saine, des ressources financières, des services de santé, etc.

Droit à la santé

En raison de maladies (paludisme, tuberculose, diarrhées, fièvre typhoïde, etc.) et du manque de professionnels qualifiés,  le taux de mortalité infantile demeure encore inquiétant au Rwanda.

De même, la malnutrition reste préoccupante, car elle affecte de nombreux enfants; ils souffrent fréquemment d’insuffisance pondérale. Cette mauvaise alimentation est une des conséquences de la fluctuation des prix des aliments, mais également des catastrophes naturelles qui touchent le pays et qui diminuent fortement les superficies cultivables.

En ce qui concerne le virus du Sida, il s’est propagé rapidement sur le territoire, suite aux violences sexuelles perpétrées durant le génocide. Ainsi, les enfants sont fortement touchés par cette problématique. Cependant, afin de diminuer le taux de prévalence du VIH, l’État et ses partenaires ont financé des campagnes de sensibilisation et des programmes de prévention qui ont permis de réduire le nombre de personnes séropositives.

Maltraitance infantile

Les châtiments corporels sont acceptés dans les familles rwandaises et sont même légalisés par le Code Civil. A l’école, ils sont également largement admis. Il est donc, par exemple, fréquent que des enfants reçoivent une correction suite à un comportement jugé inadéquat.

Par rapport aux abus sexuels, il arrive que les cas d’agressions soient réglés à l’amiable : paiement d’une amende ou mariage des filles victimes. Or, en raison d’une meilleure formation des médecins et des policiers, ces pratiques se réduisent considérablement.

Droit à l’éducation

L’éducation primaire est, au Rwanda, gratuite et obligatoire. Cependant, le système scolaire doit faire face à un manque d’enseignants qualifiés et un manque de matériel pédagogique adéquat ainsi qu’à un fort pourcentage d’abandons et de redoublements.

Les filles quittent plus souvent l’école que les garçons. De plus, elles fréquentent moins les programmes d’études scientifiques. De ce fait le Gouvernement, par le biais de programmes scientifiques et technologiques, tente de favoriser leur participation.

Par ailleurs, les enfants de la communauté Twa sont limités dans leur droit à l’éducation. En effet, il est estimé que plus de la moitié n’a jamais été à l’école et que s’ils ont suivit une scolarité, plus de la moitié a abandonné.

Droit à la non-discrimination

Les enfants réfugiés n’ont pas accès aux mêmes services de base que les rwandais. En effet, l’éducation dispensée dans les camps n’équivaut pas à celle des écoles publiques.

En outre, dans les établissements scolaires, certaines tensions liées aux origines ethniques persistent. Ainsi, la minorité Twa est fortement discriminée : les enfants n’ont, bien souvent, pas accès aux soins de santé, à l’éducation, aux droits à la survie et au développement, etc.

Tout comme les enfants Twa, les jeunes handicapés souffrent de pratiques discriminatoires. En raison de leur situation, ils ne sont pas intégrés au système scolaire, faute d’installation adéquate. Par ailleurs, les enfants handicapés sont, dans certaines régions, encore perçus comme une « honte ». Ils sont dès lors cachés par les familles.

Droit à l’identité

L’enregistrement des naissances est obligatoire et depuis la fin du génocide, le Rwanda a décrété qu’aucune origine ethnique ne devait être mentionnée sur les certificats de naissances, ceci en vue d’éviter les tensions qui existent entre les communautés.

Cependant, les mères célibataires ou les parents non mariés n’annoncent pas toujours la naissance de leur enfant aux autorités, car ils ont peur d’une éventuelle stigmatisation. Or, il faut savoir que sans certificat de naissance, le droit à l’identité des enfants n’est pas respecté. En effet, ils ne sont pas reconnus en tant que membre à part entière de la société et ne peuvent pas faire valoir leurs droits. Ils apparaissent dès lors comme invisibles aux yeux de la collectivité.

Enfants des rues

Les enfants des rues rwandais sont généralement des garçons et une majorité d’entre eux se trouvent à la capitale, à savoir Kigali. Leur situation précaire les expose à de nombreux risques : exploitation sexuelle et économique, problèmes de santé, malnutrition, etc. En outre, n’étant pas scolarisés, ces enfants n’ont quasiment pas de chances de trouver un emploi et de sortir définitivement des rues.

Pour échapper à leur réalité, les jeunes des rues consomment souvent du cannabis, de l’alcool ou inhalent du gaz de pétrole. Ces conditions de vie très dures ont malheureusement un impact négatif sur leur développement physique, psycho-social, culturel et économique.

Travail des enfants

Au Rwanda, l’âge minimum d’embauche est de 14 ans pour les travaux légers et de 18 ans pour les autres types d’emploi. Or, en raison d’une situation économique difficile, les familles sont souvent contraintes de faire travailler leurs enfants. Ceux-ci sont généralement employés dans l’agriculture, l’enfouissement des déchets et les tâches ménagères.

Non-scolarisés, ces enfants évoluent dans des conditions très pénibles : longues heures de travail, petit salaire, pas de nourriture, etc. En outre, ils encourent des risques liés à la prostitution, la discrimination, la maltraitance, etc.

Enfants soldats

Au début des années 90, l’association d’enfants aux conflits armés a commencé, au Rwanda. A la fin du conflit génocidaire de 1994, c’est plus de 2000 enfants qui ont été enrôlés aux forces armées rwandaises. Ces derniers ont été réinsérés dans leur famille et communautés. De plus, ils ont généralement bénéficié de programmes de réadaptation psychologique.

Actuellement, la loi rwandaise interdit l’enrôlement d’enfants de moins de 18 ans dans des groupes ou des forces armées. Toutefois, les petits rwandais sont encore recrutés dans d’autres pays, tels que la République Démocratiques du Congo.

Traite des enfants

La loi rwandaise condamne la prostitution infantile, l’esclavage et l’enlèvement. En revanche, toutes les autres formes de traite sont absentes de la législation.

La traite des enfants serait présente au Rwanda, mais aucune donnée statistique ne permet de mesurer cette problématique. Les organisations et l’État pensent que les principales sources de la traite sont : le travail forcé, l’exploitation sexuelle et le recrutement forcé au sein des groupes armés.

 

Temoignage

 

Perception

 

Cide

 

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2. Où s’adresser ?

Déposer une plainte auprès du Comité africain des experts des droits et du bien-être de l’enfant : le Rwanda a ratifié la Charte Africaine des droits et du bien-être de l’enfant. Celle-ci comprend une procédure relative aux plaintes individuelles : il est donc possible pour un individu ou une ONG reconnus par un État membre d’adresser une plainte au Comité, afin que celui-ci entreprenne des investigations et, éventuellement, interpelle le pays concerné sur la problématique en question.

Bureau de l’Unicef au Rwanda : Bureau Unicef à Kigali

Pour dénoncer des abus ou autres violations des droits de l’enfant, nous vous recommandons de vous adresser à la police ou à un spécialiste (avocat ou éventuellement ONG – voir annuaire ci-dessous).

Annuaire

 

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3. Agir pour les enfants

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Sources

 

Ecrit par : Stéphanie Berrut
Revu par : Carole Vidal
Mise à jour le 06 Novembre 2011

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