Enfants de République tchèque

Concrétiser les droits de l’enfant en la République tchèque

Depuis son accès à l’indépendance en 1993, la République tchèque renforce la protection des droits de l’enfant à travers des réformes législatives et des stratégies nationales. Cependant, des obstacles significatifs continuent de se dresser sur le chemin, particulièrement pour les enfants marginalisés et vulnérables. Beaucoup d’enfants à travers le pays continuent de lutter contre la pauvreté, les discriminations, les abus, les violences, l’accès inadapté aux soins de santé et la protection insuffisante.

Population: 11 millions
Pop. ages 0-14:
15,9 %

Life expectancy: 77,2 ans
Under-5 mortality rate:
 2,6 ‰

La République tchèque en un regard

La République tchèque, aussi connue comme la Tchéquie, est un pays enclavé dans l’Europe centrale, avec pour frontière l’Allemagne à l’ouest, la Slovaquie à l’est, l’Autriche au sud et la Pologne au nord-est. Avec une économie solide et des forces de travail bien formées, elle a une base industrielle solide, particulièrement dans les secteurs de l’automobile et de la technologie.

Le pays devient indépendant en 1993, suivant la dissolution de la Tchécoslovaquie. C’est une démocratie parlementaire engagée dans les droits de l’homme, l’État de droit et la protection des libertés individuelles. Ce cadre démocratique fournit la base légale et institutionnelle pour maintenir les droits de l’enfant et assurer la responsabilité du gouvernement. Elle garantit aussi que les enfants et leurs familles aient accès à la justice et soient associés dans le processus de prise de décisions les concernant.

La langue officielle est le tchèque et le pays est un membre de l’Union européenne (UE) et du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Prague est la capitale et la plus grande ville, connue pour son héritage architectural et culturel. Traditionnellement, la Tchéquie se compose de trois régions : la Bohème, la Moravie, et la Silésie tchèque.

Le statut des droits de l’enfant dans la République tchèque [1]

Les droits de l’enfant dans la République tchèque sont protégés par un cadre fort de lois nationales et de traités internationaux, comme la Convention internationale sur les droits de l’enfant (CIDE), que le pays a ratifiée en 1991. Il a aussi ratifié les trois protocoles additionnels de la CIDE incluant l’implication de l’enfant dans les conflits armés, et la vente et l’exploitation sexuelle des enfants entre 2002 et 2014.

En outre le pays est partie à d’autres traités-clés des droits de l’homme des Nations Unies incluant l’engagement pour le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l’engagement pour le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, tous deux ratifiés en 1993, aussi bien que la Convention sur les droits des personnes avec un handicap, ratifiée en 2009. Ces instruments juridiques renforcent les protections en ce qui concerne la non-discrimination, les opportunités éducatives, l’accès au système de soins et la liberté contre la violence et l’exploitation.

 Au niveau régional, la Tchéquie est liée par la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) (ratifiée en 1992), la Charte sociale européenne (ratifiée en 1999) et la Convention sur l’action contre le trafic d’êtres humains du Conseil de l’Europe (ratifiée en 2010). Cet ensemble de textes garantit les droits des enfants à la protection, à l’inclusion sociale et à l’accès à la justice.

De plus, le gouvernement tchèque a adopté la Stratégie nationale de protection des droits des enfants 2021-2029 pour renforcer les droits des enfants. Ce cadre promeut l’action coordonnée à travers les ministères et les autorités locales pour s’assurer que les enfants grandissent avec le sentiment de sécurité, protégés et inclus socialement.

Cette stratégie se concentre sur le soutien des enfants à risque, incluant ceux vivant en soins, particulièrement les enfants roms, tout en encourageant la participation des enfants, faisant de la prévention pour la séparation familiale non nécessaire et l’institutionnalisation, et en améliorant la surveillance à travers la récolte de données (Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme) [OHCHR] 2021.

La Tchéquie a aussi ratifié la Convention de La Haye pour la protection des enfants (initialement la Convention internationale de La Haye sur les aspects civils de l’enlèvement de l’enfant) en 1993, ce qui promeut la coopération internationale dans des cas impliquant la responsabilité parentale et l’enlèvement d’enfants. Réunis, ces instruments forment un large cadre qui demande au gouvernement tchèque de sauvegarder les droits et le bien-être de tous les enfants.

La République tchèque a récemment renforcé la protection des enfants en prévoyant la création de son premier médiateur des enfants pour le lancer en juillet 2025 (Brno daily, 2025a) ; Radio Prague International 2025a. Ce bureau indépendant va sauvegarder les droits des enfants, soutenir les groupes vulnérables, former la législation et intervenir dans des cas légaux (Brno daily, 2025b). Le but du médiateur est d’assurer que les droits des enfants sont protégés et que leurs voix sont entendues. Bien que la création du médiateur soit un signe de progrès, le problème de son financement reste incertain.

En parallèle, le ministère du travail et des affaires sociales a mis en place un groupe de participation des enfants, impliquant des jeunes âgés entre 15 et 21 ans, dans le processus de politiques publiques. Les participants ont souligné la nécessité d’un engagement significatif et ont proposé que les enfants soient impliqués dans le choix du médiateur (Eurochild, 2025).

Répondre aux besoins des enfants en République tchèque

Le droit à l’éducation

Chaque enfant en République tchèque a droit à l’éducation sans discrimination, comme garantie par la Constitution tchèque et l’acte d’éducation (Eurydice, 2024a). L’éducation publique est en général gratuite et les enfants vont habituellement à l’école primaire à l’âge de 6 ans (Eurydice, 2024b). L’éducation obligatoire dure neuf ans, comprenant cinq ans d’école primaire et quatre ans d’école secondaire inférieure (collège) (Eurydice 2025a).

Par la suite, les étudiants peuvent assister à l’éducation secondaire supérieure (lycée), ce qui typiquement dure quatre ans et inclut des programmes académiques, professionnels ou techniques (Eurydice 2025b). Le gouvernement est en train de travailler pour étendre l’accès à l’éducation de l’enfance plus tôt, particulièrement dans les régions défavorisées, et pour inclure les enfants avec des handicaps et ceux de milieux des minorités dans des écoles grand public (Européenne des prestataires de services pour personnes en situation de handicap [EASPD], 2024).

Malgré des efforts constants pour réduire la ségrégation, les enfants Roms restent de façon disproportionnée inscrits dans des écoles spéciales (Fondation Bertelsmann, 2024). Le plan d’action national de garantie de l’enfant promeut l’éducation inclusive, les supports d’apprentissage et a amélioré l’accès aux psychologues scolaires et aux travailleurs sociaux pour répondre aux besoins divers des étudiants (Eurochild, 2023 ; EASPD, 2024).

Depuis que le conflit a commencé en Ukraine, beaucoup d’enfants ukrainiens ont rejoint les écoles tchèques. Ce changement soudain a entraîné des difficultés car beaucoup d’étudiants ont du mal à apprendre le tchèque et à participer pleinement aux cours normaux. Alors que les écoles s’efforcent de soutenir l’intégration sociale de leurs élèves, les familles souhaitent souvent que l’accent soit davantage mis sur les résultats scolaires.

Les enseignants ont également du mal à définir des objectifs clairs, et certains élèves ukrainiens ont tendance à fréquenter principalement leurs camarades ukrainiens. De plus, de nombreux élèves ne savent pas s’ils vont rester en Tchéquie ou retourner en Ukraine, ce qui affecte leurs projets scolaires (Directoire Général pour les Migrations et les Affaires Intérieures, 2025).

En outre, l’accès à l’éducation et l’accueil des jeunes enfants (Early Childhood Education and Care en anglais ou ECEC) en Tchéquie sont limités, particulièrement pour les enfants de moins de trois ans et ceux de milieux défavorisés (Trading Economics, 2025a). Même si le nombre de places pour la garde d’enfants a doublé depuis 2018, moins de 7 % des enfants de moins de trois ans sont admis et environ 40 000 enfants âgés de 3 à 4 ans ne vont pas à la garderie (UNICEF, 2025a).

En réaction à cela, en juin 2025, la Tchéquie a dévoilé un cadre national pour surveiller et améliorer la qualité et l’accessibilité à l’ECEC, se concentrant sur l’accessibilité, l’équipe, le programme d’études, l’évaluation et l’inclusion. Alors que les dispositions maternelles et parentales offrent quelque soutien, les allocations parentales faibles et un système complexe d’État-Providence sont restrictifs pour beaucoup de familles pour accéder aux bénéfices qui sont essentiels pour l’éducation précoce (EAPN Tchéquie, 2023).

Le droit à la santé

Le droit à la santé est maintenu à travers l’accès universel à la santé, avec une attention particulière aux groupes vulnérables comme les enfants vivant dans la pauvreté, ceux avec un handicap et ceux de communautés exclues socialement. Les initiatives du gouvernement soutiennent le dépistage précoce de problèmes de santé, ont amélioré l’accès aux services de santé mentale et l’éducation à la santé pour réduire les inégalités et promouvoir le bien-être. Des réformes sont aussi en cours pour abandonner les soins de santé mentale institutionnalisés pour les enfants et pour améliorer les services psychiatriques dans des zones défavorisées (EASPD, 2024).

Bien que la couverture sanitaire et vaccinale soit élevée, un rapport récent de l’UNICEF révèle que l’accès à la santé et le statut de la santé varient significativement selon les régions en République tchèque. Les groupes marginalisés, incluant les enfants Roms, les enfants vivant avec un handicap et les enfants vivant dans la pauvreté, se heurtent à des obstacles pour accéder aux soins de base et préventifs.

Pour remédier à ces inégalités, le gouvernement tchèque a adopté le Plan d’action national pour la garantie européenne pour l’enfance (2022-2030). Le plan a pour but de réduire les inégalités régionales en étendant les services psychiatriques, en améliorant l’accès aux soins dans les lieux peu desservis et en promouvant les bilans de santé précoces et l’éducation à la santé. Il cherche aussi à assurer une éducation précoce inclusive, une bonne alimentation, une scolarité de qualité, des soins de santé accessibles et un logement approprié, particulièrement pour les enfants avec un handicap, les enfants Roms et ceux avec des prises de soins alternatives (Eurochild, 2023).

Le plan d’action inclut des mesures détaillées, assigne des devoirs aux institutions responsables et met en place des délais pour la mise en place. Cela promeut aussi la coopération entre les ministères, la participation de la société civile et la mise en place de mécanismes de contrôle (Ministère du Travail et des Affaires Sociales, 2022). Cependant les progrès restent incohérents dus à un soutien institutionnel limité, le financement inadapté et un manque de stratégies claires (EASPD, 2024).

Le droit à la protection

En République tchèque, les enfants ont le droit d’être protégés des violences physiques et mentales, de la négligence, des abus et de l’exploitation. Ce droit est consacré dans la Charte des droits fondamentaux et des libertés, et renforcé dans la CIDE, ce qui porte la force de la loi dans le pays. Bien que les parents soient responsables légalement de leurs enfants, la société a une obligation d’agir quand la vie d’un enfant ou sa santé est en danger.

En Tchéquie, la loi interdit toute forme d’exploitation sexuelle commerciale des enfants comme la pornographie et le trafic des enfants. L’âge minimum du consentement est fixé à 15 ans. Les actes sexuels avec des enfants de moins de cet âge sont passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à 12 ans de prison, voire plus en cas de situations extrêmement graves (US Département d’État, 2024 a).

Le cadre légal tchèque interdit aussi la discrimination basée sur le genre, la couleur, l’ethnie, la religion, la langue et les origines sociales. Tous les enfants sont titulaires de droits égaux, indépendamment du statut marital de leurs parents ou de leurs origines. Ces protections sont garanties par des dispositions constitutionnelles et soutenues par des mesures légales et sociales.

Malgré l’adoption de la Stratégie nationale de protection des droits des enfants 2021-2029, la mise en place pratique des politiques de protection de l’enfant est fragmentée et incohérente à travers le pays. Les défis comme les ressources limitées humaines et financières, les disparités régionales et la formation insuffisante des professionnels continuent de saper le progrès. (UNICEF, 2024).

Le droit à la participation

La participation de l’enfant est de plus en plus reconnue comme une priorité dans les politiques de jeunesse tchèques. Le plan national de mise en œuvre de la garantie de l’enfant, approuvé en novembre 2022, tend à créer un environnement qui soutient l’implication des enfants dans le processus de décision. Bien que le plan n’ait pas encore été largement promu, cela reflète une implication nationale pour la participation significative de l’enfant. La Tchéquie est aussi partie à un projet du Conseil de l’Europe, ce qui a pour but de renforcer l’implication des enfants dans la prise de décision nationale, en coopération avec le ministère du travail et des affaires sociales.

 Le gouvernement tchèque est sur le point d’adopter sa nouvelle stratégie nationale pour la jeunesse, intitulée « Youth Concept 2025-2030 ». Ce cadre interministériel aborde tous les domaines clés des politiques de jeunesse, ayant pour objectif de soutenir les jeunes populations dans l’éducation, l’emploi, la santé et la participation civique. La stratégie promeut l’engagement des jeunes inclusif et significatif en renforçant l’accès à l’éducation de qualité, les compétences de vie aussi bien que les opportunités sur le marché du travail et dans la vie publique.

En 2023 le Forum national du parlement des enfants et des jeunes a été établi pour remplacer le précédent Parlement national des enfants et des jeunes. Cela sert de plateforme ouverte aux conseils et parlements de jeunes afin de collaborer et plaider pour les intérêts des jeunes au niveau national. Le forum est coordonné par le Conseil tchèque des enfants et des jeunes et il fait partie du Dialogue de l’UE en faveur de la jeunesse.

De plus, l’éducation citoyenne est en cours de révision. Le ministère de l’éducation a testé le rôle des parlements d’étudiants dans les écoles comme un moyen de favoriser l’engagement démocratique. Une réforme nationale de l’enseignement est en cours, mais des préoccupations ont été soulevées quant à la réduction du nombre d’heures consacrées à l’éducation à la citoyenneté au profit des matières numériques (Commission européenne 2025a).

Facteur de risque –> Les défis propres à chaque pays 

La violence

Le rapport de 2023 intitulé « Mapping Child Protection Systems in the EU » (Cartographie des systèmes de protection de l’enfance dans l’UE) a confirmé que des formes variées de violence à l’encontre des enfants, physiques, psychologiques et émotionnelles, restent des préoccupations significatives dans la République tchèque (Stöckelova et al., 2023). Environ 22 % des enfants dans le pays ont vécu ou ont été témoins de violences domestiques ; cependant aucun système de soutien garanti ou adapté n’est mis en place pour les protéger et les assister (Expats.cz, 2023).

Beaucoup d’enfants concernés soit ne reçoivent aucune aide soit sont placés dans des centres de soins institutionnels ou psychiatriques à cause du manque d’alternatives basées sur la famille et de soutien spécialisé et limité. La violence dans les relations proches continue d’être très tolérée, résultant d’une faible détection et d’un nombre faible de témoignages parmi les enfants affectés (expats.cz, 2023).

Un écart législatif majeur est l’absence d’une interdiction formelle des punitions corporelles. La République tchèque est parmi les derniers pays européens à ne pas avoir encore mis en place une telle interdiction. Plus d’un tiers des parents tchèques aurait utilisé des punitions physiques, bien que la recherche démontre que de telles punitions ont un impact négatif sur le développement de l’enfant. U

Un amendement proposé au code civil a pour but d’interdire explicitement les punitions corporelles, ce qui inclut les actes physiques, psychiques et humiliants, bien que cela ne criminalise pas les parents, à moins que de réelles blessures ne soient causées (Expats.cz, 2023).

En plus de la victimisation de l’enfant, le pays a été témoin d’une forte augmentation de crimes violents commis par des mineurs. Les données de la police indiquent une augmentation de 25 % dans les crimes violents impliquant des enfants en dessous de 18 ans ces deux dernières années. En 2024, les mineurs ont commis 1080 crimes violents incluant 10 meurtres, ce qui indique une augmentation de 947 crimes et 9 meurtres en 2023 (BRNO Daily, 2025c). Parmi les adolescents âgés de 15 à 17 ans, le nombre d’actes violents a augmenté de 458 en 2021 à 707 en 2024. Pour les enfants âgés de 14 ans et moins, les chiffres ont augmenté de 237 à 427 dans la même période (Radio Prague international, 2025b).

L’exploitation

Les agressions sexuelles sur les enfants continuent d’être un problème significatif dans la République tchèque. Une fille sur trois et un garçon sur sept sont victimes d’agressions sexuelles. Cependant la plupart des cas ne sont pas rapportés et ne sont pas l’objet d’enquêtes à cause du déni social, de la peur des représailles et du manque de mécanismes de protection favorables aux enfants (OHCHR, 2021).

Il n’y a pas de données officielles complètes sur le nombre de victimes de la traite des enfants dans la République tchèque, ce qui rend difficile d’affirmer le réel degré du problème. Les organisations internationales incluant le GRETA (Conseil de l’Europe) et l’ECPAT ont exhorté les autorités tchèques à renforcer les efforts de prévention, à améliorer l’identification des victimes et à améliorer la protection des enfants vulnérables (Conseil de l’Europe, 2024a, b).

Alors que le gouvernement a introduit des réformes législatives et créé des unités de lois spéciales pour l’application des lois, les mesures visées sont limitées particulièrement pour les groupes à haut risque comme les enfants Roms et les réfugiés. À cause du manque de données fiables et de la nature cachée de ces crimes, beaucoup de cas ne sont pas détectés ou rapportés (Conseil de l’Europe, 2024b).

Alors que le gouvernement ne réussit pas à établir des centres spécialisés pour les enfants victimes de traite, il fait fonctionner un mécanisme séparé national de référence et fournit des plans de soutien individualisés à travers des travailleurs sociaux incluant les avantages du bien-être comme la protection et le conseil. Néanmoins le gouvernement n’a pas identifié officiellement les enfants victimes et les procédures d’identification, les supports de crise et les services à long terme continuent d’être inadaptés (US Département d’État, 2024b).

La pauvreté

En décembre 2024, 13,9 % des enfants en République tchèque étaient exposés au risque de pauvreté avec les enfants Roms et ceux de familles monoparentales étant particulièrement affectés (Trading Economics, 2025b). Si la Tchéquie rapporte constamment l’un des taux de pauvreté enfantine les plus bas dans l’Union européenne, des disparités significatives persistent. En 2024, 15,4 % des enfants étaient exposés au risque d’exclusion sociale de pauvreté, comparé à la moyenne de l’Union européenne de 24,2 % (Euronews 2025). Eurostat, 2025). En d’autres termes, plus d’un enfant sur sept en Tchéquie a fait l’expérience des privations matérielles ou de l’exclusion.

La pauvreté restreint l’accès aux services essentiels comme l’éducation, le système de santé et le logement, piégeant la famille dans des cercles vicieux de difficultés. L’accessibilité au logement est une préoccupation croissante avec des familles et des enfants confrontés au risque d’être sans abri ou dans des situations financières très difficiles. Le manque d’une stratégie de logement complète et abordable et l’augmentation du coût de la vie accroissent ces vulnérabilités (Fondation Bertelsmann, 2024).

Pas tous les enfants sont égaux face au risque de pauvreté, les enfants de milieux défavorisés socialement, les familles nombreuses et les communautés Roms sont particulièrement vulnérables. Les enfants Roms, en particulier, continuent de faire face à de la ségrégation éducative et l’accès limité à la scolarité de qualité, ce qui conduit à des cycles répétitifs d’exclusion (Rysavy et Albert, 2023).

L’accès aux allocations sociales reste insuffisant : seulement environ 25 % des familles éligibles reçoivent des allocations pour les enfants et seulement 20 % reçoivent des allocations pour le logement. Après avoir couvert les besoins de base, beaucoup de familles sont laissées avec des ressources très limitées. Le bilan sur la santé mentale des enfants est devenu plus prononcé avec de récents sondages indiquant que presque la moitié des familles tchèques ont vécu des difficultés émotionnelles ou psychosociales l’année passée (EAPN, 2023).

La discrimination

La discrimination est encore un problème majeur pour les enfants en République tchèque, particulièrement pour les enfants Roms qui subissent de la ségrégation scolaire et sont surreprésentés dans les institutions de soins (Awen Amenca z.s.,2025). Les familles Roms risquent l’éviction et ont accès limité aux allocations logement, ce qui porte atteinte au droit des enfants à un logement stable et à une vie de famille (Albert 2025). L’échec du gouvernement à collecter des données ethniques aggrave encore ces inégalités (Centre Européen des Droits des Roms, 2024).

La ségrégation commence tôt, avec beaucoup d’enfants Roms placés dans des classes séparées ou spécialisées, offrant des standards d’éducation plus bas et moins d’opportunités (Albert, 2024). Les enfants avec des handicaps rencontrent des obstacles en matière d’éducation, de soins de santé et d’inclusion, et souvent reçoivent un soutien insuffisant (EASPD, 2024).

La discrimination affecte aussi le logement, l’emploi et l’application de la loi. Des mesures urgentes sont requises pour promouvoir la déségrégation et l’éducation inclusive, spécialement pour les enfants Roms, les enfants avec un handicap, et les enfants de réfugiés Roms ukrainiens (Conseil de l’Europe, 2023).

Les enfants porteur d’un handicap

La situation des enfants avec des handicaps en République tchèque est assez problématique malgré les politiques existantes. Environ 117 000 enfants ont des handicaps, principalement des difficultés graves d’apprentissage (EASPD, 2024). Alors que le plan national d’action soutient l’intervention précoce et l’amélioration des services, ses avancées incertaines empêchent un réel progrès.

De plus, la stigmatisation sociale et la prise de conscience limitée contribuent à l’isolement de ces enfants dans l’école et la société. Beaucoup restent dans des installations de soins comme les refuges pour enfants et les maisons résidentielles, plutôt que d’être placés dans d’autres familles (Radio Prague International, 2024).

Le plan national pour la promotion des opportunités égales pour les personnes avec un handicap (2021-2025) a pour but de promouvoir la dignité, l’indépendance et l’intégration pleinement sociale, en écartant les barrières à l’éducation, l’emploi, la santé, la justice, la vie de famille, la culture et la participation publique. Cela conforte la non-discrimination et l’égal accès aux services et aux infrastructures.

Les enfants déplacés

Les enfants migrants se voient obligés d’évoluer par eux-mêmes, parmi les défis de la République tchèque, ce qui comprend les barrières de la langue, l’exclusion sociale et l’accès limité aux services essentiels comme l’éducation et la santé (Direction Générale pour la Migration et les Affaires Intérieures, 2025 ; UNICEF, 2025b).

Les enfants non accompagnés ou ceux sans statut légal sont particulièrement vulnérables à l’exploitation et à la discrimination. Le plan d’action national reconnait les besoins des enfants ukrainiens réfugiés et d’autres groupes de migrants et souligne l’importance de l’assistance précoce et le soutien de la communauté en Tchéquie.

Malgré ces initiatives, beaucoup d’enfants migrants continuent de lutter pour accéder aux services dont ils ont besoin. Les protections légales sont souvent trop limitées et les discussions plus larges sur les politiques d’immigration souvent survolent les droits de ces enfants. Il faut donc qu’à la fois le gouvernement et la société civile restent fortement impliqués pour s’assurer que ces enfants sont pleinement intégrés et protégés dans la société tchèque (Awen Amenca z.s, 2025).

La santé mentale

La Tchéquie s’efforce d’améliorer la santé mentale des enfants et des jeunes populations. Une part significative de l’effort implique le fait de transformer le soin psychiatrique pour inclure des équipes de santé sociale, les professionnels de l’éducation, qui peuvent fournir de l’aide en clinique et aux communautés locales. Des centres spéciaux de santé mentale pour enfants et adolescents ont été établis dans des villes comme Prague, Beroun et Ostrava. Cependant, la disponibilité des services de santé mentale et les lits des patients pour les jeunes nécessitant des soins intensifs restent encore insuffisants.

Plusieurs initiatives ont été lancées pour prendre conscience et réduire la stigmatisation. Le site web dusevnizdravi.edu.cz fournit des ressources pour les écoles afin de soutenir le bien-être mental des élèves, alors que l’application comme Nepanikař offre une assistance psychologique gratuite. Les jeunes participent activement à des tables rondes et des panels de jeunes abordent les problèmes comme les problèmes de famille et la santé mentale. En réaction à la pandémie du COVID-19 et à l’arrivée d’enfants d’Ukraine, de nouveaux groupes de soutien et des matériels éducatifs ont aussi été introduits (Commission européenne, 2025b).

Malgré ces efforts, les problèmes de santé mentale et l’obésité infantile continuent d’augmenter en Tchéquie. Cette augmentation est souvent reliée à de l’anxiété, de la dépression et de l’exclusion sociale. L’accès limité aux soins, spécialement dans des lieux marginalisés et des endroits ruraux, avec de longs temps d’attente et un manque de spécialistes, laisse beaucoup d’enfants vulnérables sans le soutien à temps (Eisenchteter 2024).

Écrit par Or Salama

Traduit par Louisa Petit Bricard

Révisé par Anaïs Lacroix

Dernière mise à jour le 27 juin 2025

Bibliographies :

Albert, G. (2024, October 3). European Commission warns Czechia: End the discrimination of Romani children in the schools. Retrieved from Romea.cz at https://romea.cz/en/world/european-commission-warns-czechia-end-the-discrimination-of-romani-children-in-the-schools/, accessed on May 4, 2025.

Albert, G. (2025, January 24). European Committee of Social Rights criticizes the Czech Republic over systemic discrimination against Roma in housing. Retrieved from Romea.cz at https://romea.cz/en/world/european-committee-of-social-rights-criticizes-the-czech-republic-over-systemic-discrimination-against-roma-in-housing, accessed on June 25, 2025.

Awen Amenca z.s. (2025, April). Fundamental rights violations in EU funds, Czechia. Retrieved from Validity Foundation & European Network for Independent Living at https://validity.ngo/wp-content/uploads/2025/05/FURI-Czech-Report_EN.pdf, accessed on April 20, 2025.

Bertelsmann Stiftung. (2024). Czechia. Retrieved from SGI Network at https://www.sgi-network.org/2024/Czechia/Social_Sustainability, accessed on April 17, 2025.

Brno Daily. (2025a, January 22). Czech Republic to appoint first Children’s Ombudsman by July. Retrieved from Brno Daily at https://brnodaily.com/2025/01/22/news/czech-republic-to-appoint-first-childrens-ombudsman-by-july/, accessed on April 19, 2025.

Brno Daily. (2025b, January 3). Infant homes for children under three years cease operation in the Czech Republic. Retrieved from Brno Daily at https://brnodaily.com/2025/01/03/news/infant-homes-for-children-under-three-years-cease-operation-in-the-czech-republic/, accessed on April 21, 2025.

Brno Daily. (2025c, February 21). Number of child violent offenders on the rise in Czech Republic, say police. Retrieved from Brno Daily at https://brnodaily.com/2025/02/21/news/number-of-child-violent-offenders-on-the-rise-in-czech-republic-say-police/, accessed on June 24, 2025.

Council of Europe. (2023, September 26). Czech Republic: systemic change needed to address long-standing human rights issues for Roma and persons with disabilities. Retrieved from the Council of Europe at https://www.coe.int/en/web/commissioner/-/czech-republic-systemic-change-needed-to-address-long-standing-human-rights-issues-for-roma-and-persons-with-disabilities, accessed on April 21, 2025.

Council of Europe. (2024a, October). Czechia urged to step up efforts to prevent human trafficking for labour exploitation. Retrieved from Council of Europe at https://www.coe.int/en/web/portal/-/czechia-urged-to-step-up-efforts-to-prevent-human-trafficking-for-labour-exploitation, accessed on April 21, 2025.

Council of Europe. (2024b, October). GRETA publishes its second report on Czechia. Retrieved from Council of Europe at https://www.coe.int/en/web/anti-human-trafficking/-/greta-publishes-its-second-report-on-czechia, accessed on April 21, 2025.

Directorate-General for Migration and Home Affairs. (2025, February 19). Czechia: Adaptation of students from Ukraine. Retrieved from the European Commission at https://home-affairs.ec.europa.eu/news/czechia-adaptation-students-ukraine-2025-02-19_en, accessed on June 26, 2025.

EAPN Czechia. (2023). Poverty Watch 2023 – Czechia. Retrieved from European Anti-Poverty Network at https://www.eapn.eu/wp-content/uploads/2023/11/eapn-EAPN-CZ-English-version-2023-PW-5871.pdf, accessed on June 13, 2025.

Eisenchteter, J. (2024, May 21). Obesity in Czechia: Tipping the scales of the debate. Retrieved from Balkan Insight at https://balkaninsight.com/2024/05/21/obesity-in-czechia-tipping-the-scales-of-the-debate/, accessed on June 22, 2025.

Eurochild. (2023, January 16). Czechia’s Child Guarantee National Action Plan: An overview. Retrieved from Eurochild at https://eurochild.org/resource/czechias-child-guarantee-national-action-plan-an-overview/, accessed on April 28, 2025.

Eurochild. (2025, February 4). Eurochild welcomes progress in children’s rights in Czechia. Retrieved from Eurochild at https://eurochild.org/news/eurochild-welcomes-progress-in-childrens-rights-in-czechia/, accessed on April 29, 2025.

Euronews. (2025, June 10). Where are children more vulnerable to poverty in the EU? Retrieved from Euronews at https://www.euronews.com/my-europe/2025/06/10/where-are-children-more-vulnerable-to-poverty-in-the-eu, accessed on June 24, 2025.

European Association of Service Providers for Persons with Disabilities (EASPD). (2024). Support to children with disabilities within the National Action Plan for the implementation of the EU Child Guarantee: Country Fact Sheet – Czech Republic. Retrieved from EASPD at https://easpd.eu/fileadmin/user_upload/Publications/CZ_Factsheet_Final.pdf, accessed on April 27, 2025.

European Commission. (2025a, March 31). 5.10 Current debates and reforms. Retrieved from Youth Wiki: Czechia at https://national-policies.eacea.ec.europa.eu/youthwiki/chapters/czechia/510-current-debates-and-reforms, accessed on June 21, 2025.

European Commission. (2025b, March 31). 7.5 Mental health – Czechia. Retrieved from YouthWiki at https://national-policies.eacea.ec.europa.eu/youthwiki/chapters/czechia/75-mental-health, accessed on June 24, 2025.

European Roma Rights Centre. (2024, May 29). Czech Republic’s failure to collect data on Romani children in state care ruled a violation of European Social Charter. Retrieved from ERRC at https://www.errc.org/press-releases/czech-republics-failure-to-collect-data-on-romani-children-in-state-care-ruled-a-violation-of-european-social-charter, accessed on June 25, 2025.

Eurostat. (2025, May 28). 24% of EU children at poverty risk or social exclusion. Retrieved from Eurostat at https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20250528-1, accessed on June 24, 2025.

Eurydice. (2024a, December 4). Czechia: Overview. Retrieved from European Commission at https://eurydice.eacea.ec.europa.eu/eurypedia/czechia/overview, accessed on June 24, 2025.

Eurydice. (2024b). Funding in education: Czechia. Retrieved from European Commission at https://eurydice.eacea.ec.europa.eu/eurypedia/czechia/funding-education, accessed on June 24, 2025.

Eurydice. (2025a). Organisation of the education system and of its structure: Czechia. Retrieved from European Commission at https://eurydice.eacea.ec.europa.eu/eurypedia/czechia/organisation-education-system-and-its-structure, accessed on June 24, 2025.

Eurydice. (2025b). Organisation of upper secondary education: Czechia. Retrieved from European Commission at https://eurydice.eacea.ec.europa.eu/eurypedia/czechia/organisation-upper-secondary-education, accessed on June 24, 2025.

Expats.cz. (2023, November 1). Weak legislation leaves children in Czechia vulnerable to physical abuse. Retrieved from Expats.cz at https://www.expats.cz/czech-news/article/fifth-of-children-are-victims-witnesses-to-domestic-violence, accessed on June 26, 2025.

Ministry of Labour and Social Affairs. (2022, November 16). The Action Plan for Implementing the Child Guarantee for the 2022–2030 Period. Retrieved from the Ministry of Labour and Social Affairs at https://www.mpsv.cz/cms/documents/eee909e1-deb2-9766-5980-6f06069a9376/Ak%C4%8Dn%C3%AD%20pl%C3%A1n_en.pdf, accessed on April 15, 2025.

Office of the United Nations High Commissioner for Human Rights (OHCHR). (2021, September 7). Experts of the Committee on the Rights of the Child discuss obstacles to legal reform with the Czech Republic. Retrieved from OHCHR at https://www.ohchr.org/en/press-releases/2021/09/experts-committee-rights-child-discuss-obstacles-legal-reform-czech-republic, accessed on June 25, 2025.

Radio Prague International. (2024, November 26). Infant care centres to close in January, but are the alternatives ready? Retrieved from Czech Radio at https://english.radio.cz/infant-care-centres-close-january-are-alternatives-ready-8835712, accessed on May 5, 2025.

Radio Prague International. (2025a, February 28). Czechia will get its first Children’s Ombudsman. Retrieved from Czech Radio at https://english.radio.cz/czechia-will-get-its-first-childrens-ombudsman-8844204, accessed on May 5, 2025.

Radio Prague International. (2025b, February 21). Alarming increase in violent attacks by minors in Czechia – what could be to blame? Retrieved from Radio Prague International at https://english.radio.cz/alarming-increase-violent-attacks-minors-czechia-what-could-be-blame-8843507, accessed on June 24, 2025.

Ryšavý, Z., & Albert, G. (2023, June 1). Romani children still segregated in the Czech schools and more frequently assigned to “special needs” classes than ever before. Retrieved from Romea.cz at https://romea.cz/en/czech-republic/romani-children-still-segregated-in-the-czech-schools-and-more-frequently-assigned-to-special-needs-classes-than-ever-before, accessed on June 24, 2025.

Stöckelová, T., Sokačová, L., & Szénássy, E. (2023). Mapping child protection systems in the EU (27): Czechia. Retrieved from the European Union Agency for Fundamental Rights at https://fra.europa.eu/sites/default/files/fra_uploads/cz_-_report_-_mapping_child_protection_systems_-_2023.pdf, accessed on May 5, 2025.

Trading Economics. (2025a). Czech Republic – Formal child care: Less than 3 years – no formal childcare. Retrieved from Eurostat data at https://tradingeconomics.com/czech-republic/formal-child-care-less-than-3-years-no-formal-childcare-eurostat-data.html, accessed on May 5, 2025.

Trading Economics. (2025b, May). Czech Republic – At risk of poverty rate: Less than 18 years. Retrieved from Eurostat data at https://tradingeconomics.com/czech-republic/at-risk-of-poverty-rate-less-than-18-years-eurostat-data.html, accessed on May 5, 2025.

UNICEF. (2024, October). Enhancing primary health care services for children and adolescents in the Czech Republic. Retrieved from UNICEF at https://www.unicef.org/eca/media/39506/file/CostingStudy_ENG.pdf.pdf, accessed on May 5, 2025.

UNICEF. (2025a, June 4). Czechia introduces new framework to monitor the quality and accessibility of early childhood education and care. Retrieved from UNICEF at https://www.unicef.org/eca/press-releases/czechia-introduces-new-framework-monitor-quality-and-accessibility-early-childhood, accessed on June 24, 2025.

UNICEF. (2025b, January 24). Czechia’s separate primary school enrollment process for refugees puts children at risk of exclusion. Retrieved from UNICEF at https://www.unicef.org/eca/press-releases/czechias-separate-primary-school-enrollment-process-refugees-puts-children-risk, accessed on May 5, 2025.

U.S. Department of State. (2024a). 2023 Country Reports on Human Rights Practices: Czech Republic. Retrieved from the United States Government at https://www.state.gov/reports/2023-country-reports-on-human-rights-practices/czech-republic/, accessed on June 24, 2025.

U.S. Department of State. (2024b). Trafficking in Persons Report: Czech Republic. Retrieved from the United States Government at https://www.state.gov/reports/2024-trafficking-in-persons-report/czech-republic/, accessed on May 4, 2025.


[1] Cet article ne prétend en aucun cas donner un compte rendu complet ou représentatif des droits des enfants en République tchèque. En effet, l’un des nombreux défis est le manque d’informations actualisées sur les enfants en République tchèque, dont une grande partie est peu fiable, non représentative, obsolète ou tout simplement inexistante.