Enfants d’Allemagne

Concrétiser les droits des enfants en Allemagne

L’Allemagne a ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) en 1992 et a depuis adapté son dispositif de protection de l’enfance conformément au traité. Cependant, certaines difficultés entravent encore la pleine concrétisation les droits des enfants, dont notamment  la pauvreté infantile, les abus sexuels sur les enfants, la discrimination à l’égard de ceux issus de minorités et la justice pour mineurs.

Population : 83,6 millions
Population âgée de 0 à 14 ans : 5,9 %

Espérance de vie : 80,5 ans
Taux de mortalité des moins de 5 ans : 3,4 ‰

L’Allemagne en bref

La République Fédérale d’Allemagne est située au centre-nord de l’Europe. La constitution allemande, adoptée en 1949, a créé un régime fédéral qui confère des pouvoirs gouvernementaux importants à ses seize états fédérés (Länder), par exemple en matière de culture et d’éducation. L’Allemagne est entourée par le Danemark, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, la France, la Suisse, l’Autriche, la République tchèque et la Pologne (Britannica, 2025).

Elle est le pays le plus peuplé de l’Union européenne (UE) avec environ 83,6 millions d’habitants, soit environ 19 % de la population totale de l’UE. La population allemande est nettement plus importante que celle des pays européens les plus peuplés qui suivent, la France et l’Italie. À eux trois, ces pays représentent près de la moitié de la population totale de l’UE (47 %) (EUROSTAT, 2025). Environ 78 % de la population vit dans des zones urbaines, tandis que 22 % réside dans des communautés rurales (SOS Villages d’Enfants, s.d.).

L’Allemagne a été unifiée en 1871 lorsque le chancelier prussien Otto von Bismarck a réuni plusieurs États germanophones au sein de l’Empire Allemand, celui-ci est rapidement devenu une grande puissance européenne avec des colonies outre-mer en Afrique, en Asie et dans le Pacifique. Après sa défaite lors de la Première Guerre mondiale, l’Empire s’est effondré, laissant place à la République de Weimar, instable. La crise économique et les troubles politiques ont ensuite conduit à l’ascension d’Adolf Hitler et du régime nazi qui a instauré le Troisième Reich et mené une campagne d’expansion et de génocide brutale.

Après la défaite de l’Allemagne lors de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, les Alliés ont divisé le pays en quatre zones distinctes, formant progressivement  deux États : la République Fédérale d’Allemagne (l’Allemagne de l’Ouest) et la République Démocratique Allemande (l’Allemagne de l’Est). Symbolisé par le mur de Berlin jusqu’à sa chute en 1989, cette démarcation a séparé le pays pendant plus de 40 ans. Le pays a été réunifié en 1990 et Berlin en est redevenue sa capitale (Britannica, 2025).

Ces dernières années, l’Allemagne a été confrontée à des défis liés à l’intégration d’un grand nombre de réfugiés (plus d’un million de migrants), notamment à la suite du Printemps arabe et de la guerre civile syrienne. Cette situation a alimenté les tensions ethniques et renforcé les partis nationalistes, en particulier dans les régions de l’est, où le taux de chômage était deux fois plus élevé qu’à l’ouest (Britannica, 2025).

L’écart entre les deux zones s’est considérablement réduit au cours des dernières décennies. Au début des années 2000, le taux de chômage dans l’ancienne Allemagne de l’Est était environ 10 % supérieur à celui de l’ancienne Allemagne de l’Ouest, soit près de cinq fois plus élevé qu’en 2018 (Gramlich, 2019).

L’Allemagne est membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) depuis 1955 et a été l’un des membres fondateurs de la Communauté Économique Européenne (aujourd’hui l’Union Européenne). La reprise économique rapide de l’Allemagne de l’Ouest dans les années 1950 (Wirtschaftswunder, ou « miracle économique ») lui a permis d’occuper une position de leader parmi les puissances économiques mondiales, position qu’elle a conservée (Britannica, 2025).

Statuts des droits de l’enfants [1]

L’Allemagne a ratifié la Convention des droits de l’enfant (CDE) le 6 mars 1992. Cette ratification s’est initialement accompagnée de réserves subordonnant les principes de la CDE à la loi sur les étrangers et au droit parental/familial (ProNATs, 2020). Ces réserves étaient principalement motivées par le refus de la majorité des Länder d’accepter leur retrait.

En 2004, le Comité des droits de l’enfant a recommandé à l’Allemagne d’accélérer le processus de retrait de ces réserves et d’intensifier ses efforts pour convaincre les Länder d’en faire autant (CDE, Observations finales, 2004). Le 15 juillet 2010, l’Allemagne a retiré la réserve qu’elle avait émise lors de la ratification. La CDE s’y applique donc sans restriction avec le statut d’une loi fédérale (CDE, Observations finales, 2019). 

Depuis la ratification, la question de l’intégration des droits de l’enfant dans la Constitution du pays, la Loi Fondamentale, fait l’objet de nombreuses discussions. En janvier 2021, le Gouvernement Allemand a adopté un projet de loi visant à inscrire explicitement les droits de l’enfant dans la Loi fondamentale, en modifiant l’article 6. L’objectif est de mettre en avant les droits de l’enfant afin de toujours garantir la préservation de leur intérêt supérieur. Cependant, cette initiative est toujours en cours (Gouvernement fédéral, 2021). Cependant,  jusqu’à présent en 2025, aucun amendement n’a été adopté et aucun progrès concret n’a été réalisé à cet égard.

L’Allemagne a ratifié le Protocole facultatif à la Convention relative aux Droits de l’Enfant concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés (OPAC) en 2004, le Protocole facultatif à la Convention relative aux Droits de l’Enfant concernant la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants (OPSC) en 2009, et le Protocole facultatif à la Convention relative aux Droits de l’Enfant établissant une procédure de présentation de communications (OPIC) en 2013 (UN Treaty Collection, n.d.).

En 2015, l’Institut Allemand des Droits de l’Homme s’est vu confier la mission de promouvoir, soutenir et superviser la mise en application de la Convention relative aux droits de l’enfant en Allemagne. À cette fin, il a mis en place le Mécanisme National de Surveillance de la CDE. Cet organisme contribue à sensibiliser le public aux droits de l’enfant, à conseiller les décideurs politiques au niveau fédéral, régional et local, ainsi que les instances judiciaires, les professionnels du monde juridique et la société civile sur l’interprétation de la Convention relative aux droits de l’enfant, et à rendre compte au Comité des droits de l’enfant de la mise en œuvre des droits de l’enfant dans le pays (Mécanisme National de Surveillance de la CDE, s.d.).

Répondre aux besoins des enfants

Droit à l’éducation

En Allemagne, la responsabilité du système éducatif est partagée entre la Fédération et les Länder. La Loi fondamentale définit les responsabilités du gouvernement fédéral dans ce domaine. À moins que la Loi fondamentale n’accorde des pouvoirs législatifs à la Fédération, les Länder peuvent légiférer dans les domaines de l’enseignement scolaire, de l’enseignement supérieur, de la formation des adultes et de la formation continue. L’administration du système éducatif dans ces domaines relève presque exclusivement de la compétence des Länder (Eurydice, 2025).

L’éducation préscolaire est dispensée jusqu’à l’âge de six ans, âge auquel les enfants débutent généralement leur scolarité. Ceux qui ne sont pas encore prêt pour l’école primaire ont la possibilité de fréquenter des classes préparatoires, Schulkindergärten ou Vorklassen dans certains Länder. Ces établissements relèvent soit du secteur préscolaire, soit du secteur primaire, selon le Land concerné (Eurydice, 2025).

En règle générale, la scolarité obligatoire commence à six ans pour tous les enfants en Allemagne et comprend neuf années d’enseignement à temps plein. Tous les élèves en Allemagne entrent à l’école primaire ( Grundschule) qui couvre dans presque tous les Länder les classes de la première à la quatrième année (à Berlin et dans le Brandebourg, de la première à la sixième année) (Eurydice, 2025). 

À l’issue du cycle primaire, à partir de la quatrième année (sixième année à Berlin et dans le Brandebourg), les élèves sont orientés vers différents parcours scolaires menant au certificat de fin de scolarité de base, au diplôme de niveau intermédiaire ou au baccalauréat (Erster Schulabschluss, Mittlerer Schulabschluss, Allgemeine Hochschulreife). La formation professionnelle s’effectue dans le cadre de l’alternance (duales System) et se déroule dans deux lieux d’apprentissage : sur le lieu de travail et dans une école professionnelle (Berufsschule) (Eurydice, 2025).

Les jeunes qui ne fréquentent pas une école d’enseignement général ou professionnel à temps plein au niveau secondaire supérieur, à l’issue de leur scolarité obligatoire, doivent tout de même suivre un enseignement professionnel à temps partiel (fréquentation obligatoire de la « Berufsschule », ou « Berufsschulpflicht »), d’une durée de trois ans (Eurydice, 2025).

Droit à la santé

En Allemagne, les soins de santé sont gratuits pour les enfants s’ils sont couverts par l’assurance maladie de leurs parents ou tuteurs. Il existe deux types d’assurance maladie en Allemagne : l’assurance maladie obligatoire (Gesetzliche Krankenversicherung, GKV) et l’assurance maladie privée (Private Krankenversicherung, PKV). L’affiliation à l’assurance obligatoire est imposée à tous les salariés dont le revenu annuel est inférieur au seuil de revenu pour cette assurance (Versicherungspflichtgrenze). Environ 90 % de la population est affiliée à une caisse d’assurance maladie obligatoire (GKV) (Health for All, 2018).

Les enfants sont couverts jusqu’à un certain âge selon leur niveau de scolarité. Les enfants handicapés sont couverts quel que soit leur âge si leur handicap les empêche de gagner leur vie (Health for All, 2018). Après la naissance d’un enfant, les parents reçoivent un carnet de santé indiquant les dates auxquelles certains examens médicaux doivent être effectués. Ce programme de routine comprend généralement dix examens médicaux, appelés U1 à U9, y compris U7a. Le « U » vient de « Untersuchung » (examen). Ces examens médicaux sont couverts par l’assurance maladie obligatoire.

Le premier (U1) a lieu immédiatement après la naissance. L’U2 a lieu entre le troisième et le dixième jour de vie du bébé, soit à l’hôpital, soit dans le cabinet d’un pédiatre. De l’U3 à U9, ils sont effectués dans le cabinet d’un pédiatre jusqu’à l’âge de 5 ans. L’examen médical J1 pour adolescents a également lieu dans ce cabinet entre 12 et 14 ans (Health for All, 2018).

Droit à la protection

La protection de l’enfance est supervisée par les autorités publiques. Les institutions locales doivent créer un service d’aide sociale à l’enfance (Jugendamt), tandis que les institutions supra-locales doivent créer un service régional ou national d’aide sociale à l’enfance (Landesjugendamt) et chaque Länder doit le créer (Nunes, n.d.).

Le service d’aide sociale à l’enfance (Jugendamt) est responsable de toutes les familles résidant en Allemagne, quelle que soit leur nationalité ou leur statut de résidence, et il est spécifiquement chargé du soutien et de la protection des enfants, des adolescents et des familles. Le service régional de protection de la jeunesse (Landesjugendamt) agit en tant qu’autorité de surveillance et de conseil pour les organisations de services à l’enfance et à la jeunesse (par exemple : les services de travail avec les jeunes ou les soins en établissement).

Il organise également des programmes de formation pour les personnes travaillant dans ces services, met en place des initiatives de financement au niveau régional, élabore des normes professionnelles et a ainsi une influence générale sur la structure des services à l’enfance et à la jeunesse (Youth Wiki, Youth policy decision-making, 2025).

La loi fédérale allemande sur la protection de l’enfance (Bundeskinderschutzgesetz) prévoit des dispositions relatives au recours à l’Aide précoce auprès de la Petite Enfance (Frühe Hilfen) par le biais de réseaux et de services dédiés. Ces dispositifs comprennent des services d’accompagnement (Lotsendienste) et des services de visite à domicile par des professionnels de la santé afin de soutenir les familles ayant un enfant âgé de 0 à 3 ans, en apportant une aide supplémentaire à celles en grandes difficultés (Ministère Fédéral de l’Éducation, de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, 2025).

La Fondation fédérale pour l’aide précoce à l’enfance (Bundesstiftung Frühe Hilfen) a été créée en janvier 2018 dans le cadre de cette loi. Elle a pour objectif d’aider les familles à élever leurs enfants dans de bonnes conditions sanitaires et à les protéger contre la violence. La création de cette fondation a rendu obligatoire le financement fédéral de l’aide à la petite enfance. Le gouvernement fédéral a ainsi engagé environ 51 millions d’euros par an pour compléter le financement fourni par les Länder et les communes (Ministère Fédéral de l’Éducation, de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, 2025).

La loi allemande sur la protection des mineurs (Jugendschutzgesetz) vise à protéger les enfants et les adolescents dans les lieux publics. Elle réglemente la vente et la consommation de tabac, de cigarettes électroniques, de chichas électroniques et d’alcool, ainsi que l’accès aux discothèques et aux bars. Elle s’adresse aux détaillants, aux entreprises du secteur de l’hôtellerie et de la restauration, ainsi qu’aux organisateurs d’événements publics et les oblige à protéger les enfants et les jeunes contre les risques potentiels. Parallèlement, la loi fournit aux parents des conseils précieux pour éduquer et protéger leurs enfants (Ministère fédéral de l’Éducation, de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, 2025).

Par ailleurs, la loi sur la protection des mineurs oblige les plateformes de films et de jeux vidéo à indiquer une classification par âge pour leurs contenus. L’Agence fédérale pour la protection des enfants et des jeunes dans les médias supervise les dispositions prises par les fournisseurs de plateformes. Celles-ci sont requises en vertu de la loi sur les services numériques pour garantir la sécurité de leur contenu lorsqu’ils sont utilisés par les mineurs.

Cela inclut des mesures de prévention efficaces, comme des systèmes de signalement et des services indépendants de conseil et d’assistance. La vérification de l’âge est également essentielle pour garantir la sécurité des enfants sur les plateformes en ligne (Ministère fédéral de l’Éducation, de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, 2025).

Droit à la liberté

Le droit ultime de participer à la démocratie s’exprime par le droit de vote. En Allemagne, les citoyens peuvent voter dès l’âge de 18 ans depuis 1972. Auparavant, l’âge minimum était fixé à 21 ans. L’abaissement de l’âge minimum pour voter à 16 ans lors des élections au Parlement européen et au Bundestag allemand figure parmi les principales promesses du gouvernement fédéral pour la 20ème législature (Youth Wiki, Youth participation, 2023).

En revanche, les citoyens peuvent voter sur des questions d’actualité au niveau des Länder (États fédérés) dans les 16 États fédérés. Les lois des Länder régissent les processus de vote, et ces lois sont différentes dans chacun d’entre eux. L’âge requis pour participer aux initiatives populaires (Volksinitiativen, appelées Volksanträge en Saxe) et aux référendums varie d’un état à l’autre. Par exemple, dans le Brandebourg et à Berlin, l’âge minimum pour voter est de 16 ans, tandis qu’en Bavière et en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, il est de 18 ans (Youth Wiki, Youth participation, 2023).

Concernant la participation des jeunes, l’Allemagne ne dispose pas de parlement de jeunes géré par le gouvernement ni d’une structure similaire au niveau national. Au niveau fédéral, il existe différents modes de participation, tels que les conférences fédérales de la jeunesse (Bundesjugendkonferenzen) ou les journées politiques de la jeunesse (JugendPolitikTage) (alternant chaque année) (Youth Wiki, Représentation des jeunes, 2023).

Des comités consultatifs pour les enfants et les jeunes existent à tous les niveaux. Ils aident les décideurs politiques en leur fournissant des informations, en présentant le point de vue des jeunes et en suggérant des moyens de renforcer la défense de leurs intérêts. Chaque comité/conseil consultatif a sa propre méthode d’élection de délégués et de fonctionnement (Youth Wiki, Youth representation, 2023). En voici deux exemples :

  • Au niveau fédéral : le Conseil consultatif des jeunes du ministère fédéral de la Coopération économique et du Développement (Bundesministerium für wirtschaftliche Zusammenarbeit und Entwicklung, BMZ) milite en faveur d’une politique de développement allemande plus favorable aux enfants et aux jeunes. Le conseil participe à de nombreux événements. Il propose également des moyens d’accroître la participation des enfants et des jeunes à cette politique de développement et rédige des documents d’orientation à cet effet. Ses membres se réunissent plusieurs fois par an. Le conseil organise également des rencontres avec des enfants et des jeunes des pays partenaires (Youth Wiki, Youth representation, 2023).
  • Au niveau régional (Länder) : le Conseil des enfants et des jeunes de Rhénanie-du-Nord-Westphalie représente les enfants et les jeunes dans les questions qui les concernent et participe aux décisions relatives à la politique de l’État. Il est composé de délégués issus de tous les comités d’enfants et de jeunes de la région. Au début de chaque législature locale, chacun de ces comités élit deux délégués et deux suppléants. Les délégués élisent ensuite cinq porte-parole parmi eux. Ces porte-parole dirigent les réunions du conseil et le représentent en public. L’équipe des porte-parole est élue pour une législature de deux ans (Youth Wiki, Youth representation, 2023).

Facteurs de risque –> Défis spécifiques au pays

La pauvreté infantile

Bien que l’Allemagne soit la troisième économie mondiale juste derrière les États-Unis et la Chine et devant le Japon, 22,9 % des enfants sont exposés au risque de pauvreté ou d’exclusion sociale (AROPE), ce qui place le pays dans le tiers inférieur en Europe (Eurostat, 2024). Cela représente 1 enfant sur 5, soit 2,9 millions d’enfants et de jeunes de moins de 18 ans (Hoffmann, 2024).

À Berlin, 1 enfant sur 4 grandit dans la pauvreté. Ceux qui vivent dans le quartier Est de la ville, Marzahn-Hellersdorf, sont souvent confrontés à de nombreux obstacles dans la vie, tels que la maladie, un accès limité à une alimentation adéquate et à des activités de loisirs, y compris sportives, ce qui rend particulièrement difficile de briser le cycle de la pauvreté (DW, 2025).

L’une des principales difficultés réside dans la faible capacité financière des ménages. Avec 31,9 % de la population incapable de faire face à des dépenses imprévues, le pays se classe au 19ème rang, ce qui suggère qu’une personne sur trois environ ne dispose pas de la réserve financière nécessaire pour gérer des coûts supplémentaires.

Les ménages ont du mal à assumer des dépenses non-essentielles mais faisant parties des normes sociales du pays : 20,5 % déclarent ne pas pouvoir se permettre une semaine de vacances par an, et 15,1 % ne peuvent pas remplacer leurs meubles abîmés. Le pays se classe respectivement à la 11ème et à la 12ème place pour ces indicateurs (UNICEF, 2025).

Des inquiétudes apparaissent également concernant certaines formes de privation sociale. : 12,4 % des individus ne peuvent pas pratiquer régulièrement des activités de loisirs (21ème rang) et 8,9 % n’ont pas les moyens de participer à des réunions sociales mensuelles (22ème rang sur 29 pays). Le pays affiche également de mauvais résultats en matière d’accès à un repas riche en protéines au moins 1 jour sur 2 (23ème rang). En 2024, environ 11 % de la population ne pouvait pas manger un repas équilibré composé de viande, de poisson ou d’un équivalent végétarien au moins un jour sur deux (UNICEF, 2025).

Les enfants les plus exposés au risque de pauvreté en Allemagne sont les enfants issus de l’immigration, en particulier les enfants réfugiés, les enfants de familles monoparentales et les enfants de familles comptant plus de deux enfants (Eurochild, 2022). Le programme dit de protection de l’enfance (« Kindergrundsicherung ») a fait l’objet de débats intenses au sein de l’ancien gouvernement allemand et devait prévoir une réforme des transferts sociaux.

La question de savoir dans quelle mesure les transferts monétaires destinés aux familles à faibles revenus pourraient éliminer la pauvreté infantile était alors, et demeure encore aujourd’hui, controversée. En 2023, certaines composantes de cet ancien gouvernement étaient favorables à des solutions à long terme contre la pauvreté des enfants et considéraient l’intégration des jeunes parents dans l’emploi rémunéré comme la base la plus importante pour y parvenir.

Toutefois, le projet de loi sur l’allocation de base pour les enfants, adopté par l’ancien gouvernement fédéral en septembre 2023, ne contenait aucune disposition concernant des mesures visant à encourager les jeunes parents aptes au travail à participer à des programmes de rattrapage éducatif et à accéder à un emploi rémunéré (Hoffmann, 2024). En conclusion, ce projet peut désormais être considéré comme un échec, puisque des élections anticipées ont eu lieu pour le Parlement allemand (Bundestag), entraînant un changement de gouvernement.

Maltraitance des enfants

En 2022, les statistiques policières ont recensé 15 520 cas d’abus sexuels sur des enfants, ainsi que 42 075 cas de distribution, d’acquisition, de possession et de production de « pornographie enfantine ». Cependant, le nombre de cas non signalés est bien plus élevé. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près d’un million d’enfants et d’adolescents en Allemagne ont déjà subi ou subissent actuellement des violences sexuelles de la part d’adultes. Cela représente environ 1 à 2 enfants par classe (Commissaire Fédéral Indépendant contre la Maltraitance Sexuelle des Enfants, s.d.).

Depuis plusieurs années, on observe une augmentation constante des chiffres indiqués dans les statistiques sur la criminalité. Celle-ci pourrait s’expliquer par une volonté d’alerter davantage sur les comportements délictueux. Par exemple, le nombre d’images pédopornographiques publiées sur Internet a doublé entre 2020 (21 868 cas) et 2022 (48 821 cas). En fait, très peu d’abus sexuels sur mineurs sont réellement signalés ou enregistrés par la police, de nombreuses agressions ne sont donc pas comptabilisées dans les statistiques et demeurent ainsi ignorées (Commissaire fédéral indépendant contre les abus sexuels sur les enfants, s.d.).

Le ministère a travaillé en étroite collaboration avec la commissaire fédérale indépendante chargée de la lutte contre les abus sexuels sur les enfants et les adolescents (Unabhängige Bundesbeauftragte gegen sexuellen Missbrauch von Kindern und Jugendlichen) afin d’élaborer des politiques et des programmes de prévention de la violence sexuelle et de protection des enfants et des adolescents. Ces mesures s’adressent également aux personnes qui côtoient les enfants au quotidien, notamment les parents et les enseignants, car ils doivent être impliqués, sensibilisés et formés afin d’agir au sein d’un collectif solide et fiable (ministère fédéral de l’Éducation, de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, 2025).

En 2025, la loi visant à renforcer les structures de lutte contre les violences sexuelles envers les enfants et les adolescents (Gesetz zur Stärkung der Strukturen gegen sexuelle Gewalt an Kindern und Jugendliche) est entrée en vigueur. Cette loi institutionnalise le bureau du commissaire fédéral indépendant contre les abus sexuels sur les enfants et les adolescents et l’oblige dorénavant à signaler l’ampleur de la violence sexuelle à l’encontre des enfants et des adolescents (ministère fédéral de l’Éducation, de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse, 2025).

Trafic d’enfants

L’Office fédéral allemand de police criminelle a recensé un total de 576 enquêtes sur des affaires de traite d’êtres humains en 2024, soit une augmentation de 13 % par rapport à 2023 et le taux le plus haut depuis le début de la collecte de ces données en 2000 par l’Office fédéral de police criminelle (BKA). La plupart des cas (364) concernaient l’exploitation sexuelle, soit le nombre le plus important enregistré par l’Office fédéral allemand de police criminelle (BKA) depuis dix ans (Shelton, 2025).

Cette exploitation se produit de plus en plus souvent dans des domiciles privés, un environnement difficile à surveiller. L’Office fédéral de police criminelle (BKA) en déduit donc que le nombre réel de crimes commis est largement supérieur. Les victimes et les suspects proviennent souvent d’autres pays européens, avec une augmentation notable du nombre de victimes chinoises et colombiennes (Shelton, 2025).

Les mineurs sont particulièrement vulnérables : on dénombre en effet plus de 200 cas impliquant des enfants et des adolescents, presque tous dans le cadre de l’exploitation sexuelle à des fins commerciales. Le contact est souvent établi en ligne à l’aide de la « méthode lover boys », qui consiste pour les trafiquants à utiliser de fausses promesses d’amour comme arme pour attirer et manipuler leurs victimes. Une fois leurs victimes sous emprise, ils les exploitent, par exemple dans l’industrie du sexe ou pour d’autres activités illégales. Elles sont souvent maintenues dans cette situation par un moyen de contrôle coercitif, combinant affection, violence et/ou autres menaces à leur encontre et à l’encontre de leur famille (OIM, 2024).

Discrimination

Les inégalités dans le système éducatif persistent en Allemagne. Des études montrent depuis des décennies que même avec des capacités cognitives identiques, les élèves issus de milieux socio-économiques favorisés obtiennent de meilleurs résultats que leurs camarades issus de milieux défavorisés. Ils ont également plus de chances d’être orientés vers les filières les plus élevées du système éducatif allemand et d’accéder à l’université. Les élèves issus de l’immigration et ceux issus de familles à faibles revenus ont également moins de chances de poursuivre leurs études, car l’éducation dans les zones rurales est moins développée que dans les villes.

D’après les analyses, les enfants d’origine Turque, Kurde ou Arabe, connus en Allemagne sous le nom d’enfants « migrants », même ceux issus de l’immigration de deuxième ou troisième génération, sont surreprésentés dans les « Hauptschule », les établissements secondaires professionnels ou d’apprentissage. Deux fois plus d’entre eux  fréquentent les « Hauptschule »  que ceux issus de milieux socio-économiques similaires. Malgré certains progrès, les enfants migrants restent sous-représentés dans les « Gymnasiums », les lycées d’enseignement général (Selekisho, n.d.).

Plusieurs écoles primaires et secondaires de Berlin séparent les enfants migrants des élèves allemands autochtones en les plaçant dans des classes différentes. La raison invoquée est que leurs compétences linguistiques en allemand sont insuffisantes pour leur permettre de suivre le cursus ordinaire. Cependant, même si l’allemand est leur seconde langue, leurs acquis linguistiques sont généralement suffisamment solides pour comprendre les cours.

Ces processus de sélection constituent une forme de discrimination fondée sur l’origine ethnique ou d’autres caractéristiques discutables. L’enseignement dispensé dans ces classes est bien inférieur à celui des cursus ordinaires. Cela stigmatise les élèves migrants et limite leur intégration sociale en Allemagne (Selekisho, n.d.).

Les enfants Roms et Sintis continuent d’être victimes de discrimination et d’hostilité de la part des enseignants et des autres élèves à l’école. Le rapport de 2024 intitulé « L’antitsiganisme dans le secteur éducatif en utilisant l’exemple des écoles et des crèches » recueille plusieurs témoignages de discrimination à l’encontre d’enfants roms dans les établissements scolaires.

Ainsi par exemple, dans une école primaire, un jeune Sinti harcelé par des élèves, ne voulait plus aller à l’école car il avait peur d’eux. Les enseignants ont alors menacé ses parents de signaler ses absences fréquentes au service d’aide sociale à l’enfance, cette institution aurait pu décider de retirer l’enfant à sa famille (Pieper, 2025).

Dans un autre cas, une crèche a estimé qu’un enfant Sinti trilingue âgé de cinq ans présentait un retard de développement. Elle souhaitait l’envoyer dans une école maternelle spécialisée, même si un pédiatre n’avait détecté aucun problème de développement. Plusieurs écoles ont refusé d’admettre des enfants Sinti et Roms, ou ont cherché à les transférer dans des établissements pour enfants en difficultés, car elles estimaient que ces familles causaient généralement des problèmes (Pieper, 2025).

Justice pour mineur

Les nouvelles données sur la criminalité en Allemagne révèlent une hausse de la criminalité chez les enfants et les adolescents. Selon les statistiques publiées par l’Office fédéral de police criminelle (BKA), 5,6 millions de crimes ont été enregistrés en Allemagne en 2022, soit une hausse de 11,5 % par rapport à 2021. Les chiffres montrent également une augmentation de la criminalité de 3,5 % par rapport à 2019, dernière année sans mesures de restriction liées à la COVID-19 (Whittle, 2023). 

Le nombre de mineurs de moins de quatorze ans impliqués dans des affaires criminelles est passé à 93 095, soit une augmentation de 35,5 % par rapport à 2021, et environ 189 149 des prévenus étaient âgés de 14 à 18 ans contre 177 082 en 2019. Le délit le plus fréquemment commis par les enfants et les adolescents est le vol, suivi des agressions, des dommages matériels et des infractions liées à la drogue (Whittle, 2023).

Au fil des ans, plusieurs stratégies innovantes ont été élaborées et testées en Allemagne pour prévenir la criminalité chez les enfants et les adolescents. Ainsi, en 1997, le Centre pour la prévention de la délinquance juvénile (Arbeitsstelle Kinder- und Jugendkriminalitätsprävention) a été créé pour promouvoir des approches innovantes et efficaces, établir des normes de qualité et encourager la coopération entre les institutions et les personnes engagées dans ce domaine (Ministère fédéral de l’éducation, de la famille, des personnes âgées, des femmes et de la jeunesse, 2025).

Écrit par Arianna Braga

Relu en interne par Aditi Partha

Traduit par Françoise Carpentier

Relu par Line Goddi

Dernière mise à jour le 19 janvier 2026

Bibliographie :

Britannica (2025). Country page on Germany. Retrieved from Britannica at https://www.britannica.com/place/Germany, accessed on 23 August 2025.

Children and Youth (2025). Children and Youth. Retrieved from the Federal Ministry for Education, Family Affairs, Senior Citizens, Women and Youth at https://www.bmbfsfj.bund.de/bmbfsfj/meta/en/youth, accessed on 1 September 2025.

CRC, Concluding Observations (2004). Concluding Observations: Germany. Retrieved from Refworld at https://www.refworld.org/policy/polrec/crc/2004/en/16084, accessed on 27 August 2025.

CRC, Concluding Observations (2019). Concluding Observations: Germany. Retrieved from United Nations at https://docs.un.org/en/CRC/C/DEU/5-6, accessed on 27 August 2025.

DW (2025). Germany: Condemned to life in poverty? Retrieved from Deutsche Welle (DW) at https://www.dw.com/en/germany-berlin-child-poverty-poor-upward-mobility/video-72847686, accessed on 6 September 2025.

Eurochild (2022). Country profile 2022 – Germany. Retrieved from Eurochild at https://eurochild.org/uploads/2023/01/Germany_Invisible-children-Eurochild-2022-report-on-children-in-need-across-Europe.pdf, accessed on 6 September 2025.

Eurostat (2024). Children (aged less than 18) at risk of poverty or social exclusion – EU2030 target. Retrieved from Eurostat at https://ec.europa.eu/eurostat/databrowser/view/tepsr_lm412/default/table?lang=en, accessed on 6 September 2025.

EUROSTAT (2025). Population and population change statistics – Statistics Explained. Retrieved from the European Commission at https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/SEPDF/cache/1787.pdf, accessed on 23 August 2025.

Eurydice (2025). Country page on Germany. Retrieved from Eurydice at https://eurydice.eacea.ec.europa.eu/eurypedia/germany/overview, accessed on 1 September 2025.

Federal Ministry for Education, Family Affairs, Senior Citizens, Women and Youth (2025). Children and Youth. Retrieved from Federal Ministry for Education, Family Affairs, Senior Citizens, Women and Youth at https://www.bmbfsfj.bund.de/bmbfsfj/meta/en/youth, accessed on 6 September 2025.

Gramlich, J. (2019). East Germany has narrowed economic gap with West Germany since fall of communism, but still lags. Retrieved from Pew Research Center at https://www.pewresearch.org/short-reads/2019/11/06/east-germany-has-narrowed-economic-gap-with-west-germany-since-fall-of-communism-but-still-lags/, accessed on 22 September 2025.

Health for all (2018). Health for all. A guide to the German health care system. Retrieved from Federal Ministry of Health at https://www.hzdr.de/db/Cms?pOid=58827, accessed on 1 September 2025.

Hoffmann, E. (2024). Child poverty: causes, effects, ways out. Retrieved from Konrad Adenauer Stiftung at https://www.kas.de/en/single-title/-/content/child-poverty-causes-effects-ways-out, accessed on 6 September 2025.

Independent Federal Commissioner Against Child Sexual Abuse (n.d.). Figures on Child Sexual Abuse in Germany. Retrieved from Independent Federal Commissioner Against Child Sexual Abuse at https://beauftragte-missbrauch.de/en/themen/definition/figures-on-child-sexual-abuse-in-germany, accessed on 6 September 2025.

IOM (2024). Understanding the ‘lover boy’ technique of human trafficking. Retrieved from IOM at https://romania.iom.int/news/understanding-lover-boy-technique-human-trafficking, accessed on 6 September 2025.

National CRC Monitoring Mechanism (n.d.). About the National CRC Monitoring Mechanism. Retrieved from the German Institute for Human Rights at https://www.institut-fuer-menschenrechte.de/en/institute/departments/national-crc-monitoring-mechanism/about-the-national-crc-monitoring-mechanism, accessed on 27 August 2025.

Nunes et al. (n.d.). P4P Country Information on Child Protection Systems. Retrieved from Queen’s University of Belfast at https://www.qub.ac.uk/sites/participation-for-protection/FileStore/Filetoupload,886285,en.pdf, accessed on 1 September 2025.

Pieper, O. (2025). Germany: Sinti and Roma children suffer discrimination. Retrieved from Deutsche Welle at https://www.dw.com/en/germany-sinti-and-roma-children-suffer-discrimination/a-72114110, accessed on 6 September 2025.

ProNATs (2020). Children’s rights in Germany. Retrieved from ProNATs at https://pronats.org/en/information/childhood-and-work/childrens-rights-in-germany, accessed on 26 August 2025.

Selekisho, L. (n.d.). Challenges in the German educational system. Retrieved from Broken Chalk at https://brokenchalk.org/challenges-in-the-german-educational-system/, accessed on 6 September 2025. 

Shelton, J. (2025). Germany: Police raise alarm over spike in child trafficking. Retrieved from Deutsche Welle (DW) at https://www.dw.com/en/germany-police-raise-alarm-over-spike-in-child-trafficking/a-73800323, accessed on 6 September 2025.

SOS Children’s Villages (n.d.). Country page on Germany. Retrieved from SOS Children’s Villages at https://www.sos-childrensvillages.org/where-we-help/europe/germany, accessed on 23 August 2025.

The Federal Government (2021). Children’s rights to be enshrined in the German Basic Law. Retrieved from The Federal Government at https://www.bundesregierung.de/breg-en/service/archive/rights-of-child-in-basic-law-1841338, accessed on 1 September 2025.

UN Treaty Collection (n.d.). Status of Treaties. Retrieved from United Nations Treaty Collection at https://treaties.un.org/Pages/ViewDetails.aspx?src=TREATY&mtdsg_no=IV-11-d&chapter=4&clang=_en, accessed on 26 August 2025.

UNICEF (2025). Child poverty in Germany and the EU: a comparison of monetary and non-monetary indicators. Retrieved from UNICEF at https://headless-live.unicef.de/caas/v1/media/377438/data/a04d223522925067b17c326d27d68f73, accessed on 6 September 2025.

Whittle, H. (2023). Germany sees rise in crime among children. Retrieved from Deutsche Welle (DW) at https://www.dw.com/en/germany-debates-lowering-age-of-criminal-responsibility/a-65180780, accessed on 6 September 2025.

Youth Wiki, Youth participation (2023). 5.2 Youth participation in representative democracy. Retrieved from the European Commission at https://national-policies.eacea.ec.europa.eu/youthwiki/chapters/germany/52-youth-participation-in-representative-democracy, accessed on 1 September 2025.

Youth Wiki, Youth policy decision-making (2025). 1.4 Youth policy decision-making. Retrieved from the European Commission at https://national-policies.eacea.ec.europa.eu/youthwiki/chapters/germany/14-youth-policy-decision-making, accessed on 22 September 2025.

Youth Wiki, Youth representation (2023). 5.3 Youth representation bodies. Retrieved from the European Commission at https://national-policies.eacea.ec.europa.eu/youthwiki/chapters/germany/53-youth-representation-bodies, accessed on 1 September 2025.


[1] Cet article ne prétend en aucun cas donner un compte rendu complet ou représentatif des droits des enfants en Allemagne ; en effet, l’un des nombreux défis à relever est le manque d’informations actualisées sur les enfants en Allemagne, dont la plupart sont peu fiables, non représentatives, obsolètes ou tout simplement inexistante